mardi 15 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lyon |
| Section | Tribunal Administratif de Lyon |
| N° Dossier | TA69-2508008 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | ELOIGNEMENT |
| Avocat requérant | LEFEVRE-DUVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 27 juin et 10 juillet 2025, Mme A C, représentée par Me Lefevre-Duval, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) la désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète en langue soninké ;
3°) d'annuler la décision du 17 juin 2025 par laquelle le directeur territorial à Lyon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait en qualité de demandeur d'asile ;
4°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- elle n'a pas été informée, dans une langue qu'elle comprend, des conditions dans lesquelles il pouvait être mis fin aux conditions matérielles d'accueil ;
- elle n'a pas été mise en mesure de présenter des observations préalablement à la décision en litige ;
- l'Office a commis une erreur manifeste d'appréciation en s'abstenant de tenir compte de sa situation et des conditions de son transfert ;
- elle justifie d'une situation de vulnérabilité ;
- cette décision méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relatives aux droits de l'enfant.
Par deux mémoires enregistrés les 10 juillet 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Viotti en application des dispositions de l'article L. 922-2 du code de justice administrative pour exercer les pouvoirs qui lui sont conférés par les articles L. 921-1 à L. 922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience du 11 juillet 2025 à 14 heures.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Viotti, première conseillère,
- les observations de Me Lefevre-Duval, représentant Mme C, qui a repris les conclusions et moyens exposés dans sa requête, en indiquant renoncer au moyen tiré de l'absence d'information des conditions dans lesquelles il peut être mis fin aux conditions matérielles d'accueil, et qui a en outre précisé que le courrier produit par l'Office pour démontrer que Mme C a été invitée à présenter ses observations ne comporte aucune preuve de notification et n'est pas rédigé dans une langue comprise par l'intéressée, qu'elle n'a jamais eu l'intention de se soustraire à son transfert, que sa situation de vulnérabilité a évolué depuis l'entretien mené par l'Office, qu'elle est sans ressources, qu'elle n'a aucun contact avec le père de son enfant, lequel est en situation irrégulière et ne participe pas à l'entretien et à l'éducation de son enfant.
- et celles de Mme C, assistée de M. B, interprète en soninké.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissante malienne née le 12 août 1999, est entrée en France le 30 mai 2024 et a déposé une demande d'asile. Le même jour, elle s'est vue remettre une attestation de demandeur d'asile en " procédure Dublin " et a accepté l'offre de prise en charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ainsi que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 17 juin 2025, le directeur territorial à Lyon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a décidé de mettre fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait. Par la présente requête, Mme C en demande l'annulation.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de Mme C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète :
4. Aux termes de l'article R. 922-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger peut, au plus tard avant le début de l'audience, demander qu'un avocat soit désigné d'office. () Quand l'étranger a demandé qu'un avocat soit désigné d'office, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné en informe aussitôt le bâtonnier de l'ordre des avocats près le tribunal judiciaire dans le ressort duquel se situe la salle d'audience où il est prévu qu'il siège à la date de la demande. Le bâtonnier effectue la désignation sans délai. () ". Aux termes de l'article L. 922-20 du même code : " Dans le cas où l'étranger, qui ne parle pas suffisamment la langue française, le demande, le président nomme un interprète qui doit prêter serment d'apporter son concours à la justice en son honneur et en sa conscience. () ".
5. Mme C, qui a présenté sa requête sans ministère d'avocat, a été assistée par Me Lefevre-Duval, avocate commise d'office. En outre, M. B, interprète en langue soninké, a été désigné pour prêter son concours à la requérante, présente à l'audience. Dans ces conditions, les conclusions tendant à la désignation d'un avocat commis d'office et d'un interprète sont sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies par décret. () ". Aux termes de l'article D. 551-18 du même code : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours ".
7. Pour justifier que la requérante a été mise à même de présenter des observations écrites sur la perspective d'une décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil dont elle bénéficiait en qualité de demandeuse d'asile, l'Office français de l'immigration et de l'intégration se borne à produire le courrier édité à cette fin le 16 mai 2025, sans aucune preuve de notification. Ainsi, il n'est pas établi que ce courrier ait été porté à la connaissance de Mme C, qui a dès lors été privée de la faculté de présenter ses observations préalablement à l'édiction de la décision en litige. Ayant été privée d'une garantie, Mme C est fondée à soutenir que la procédure suivie est irrégulière.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 17 juin 2025.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Eu égard au motif d'annulation retenu, seul susceptible de l'être, le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au directeur territorial à Lyon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen de la situation de Mme C, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : Mme C est admise à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision du 17 juin 2025 par laquelle le directeur territorial à Lyon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme C en qualité de demandeur d'asile est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur territorial à Lyon de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de procéder au réexamen de la situation de Mme C, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C, à Me Lefevre-Duval et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 2025.
La magistrate désignée,
O. VIOTTILa greffière,
A. SENOUSSI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026