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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2508238

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2508238

vendredi 11 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2508238
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSCP COUDERC ZOUINE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution des décisions du 14 mai 2025 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler le titre de séjour "étudiant" de Mme B A, ressortissante comorienne, et l'a obligée à quitter le territoire français. Le juge a estimé qu'en l'état de l'instruction, les moyens soulevés n'étaient manifestement pas propres à créer un doute sérieux sur la légalité du refus de titre de séjour. Il a également relevé que le recours en annulation déjà déposé par l'intéressée contre l'obligation de quitter le territoire français faisait obstacle à son éloignement effectif, rendant la demande de suspension sans objet sur ce point. La solution s'appuie sur les dispositions du code de justice administrative et du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 juillet 2025, Mme C B A, représentée par la SCP Couderc Zouine (Me couderc), demande au juge des référés :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution des décisions du 14 mai 2024 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention " étudiant " dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois, après lui avoir délivré une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, renouvelable jusqu'à la décision qui sera prise, dans le même délai et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 200 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de renonciation à la part contributive de l'Etat.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence est présumée, s'agissant d'un refus de renouvellement de titre de séjour ; son contrat en alternance en clinique a été interrompu le 14 juin dernier, en l'absence de production d'un document justifiant son droit au séjour ; de ce fait, elle ne peut plus poursuivre sa formation et ne dispose plus de ressources ; il est dans l'intérêt général qu'elle poursuive cette formation, compte tenu de la pénurie d'infirmières ;

- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision de refus de titre de séjour les moyens suivants :

* la décision a été prise par une autorité incompétente ;

* la décision méconnaît les articles L. 433-1 et L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; c'est à tort que la préfète a estimé qu'elle ne justifiait pas du caractère réel et sérieux de ses études ; s'il n'est pas contesté qu'elle s'est réorientée, ce changement ne peut démontrer un manque de sérieux dans le suivi de ses études ; elle est investie dans ses études d'aide-soignante, et démontre une forte motivation pour l'accès à ce métier ;

* la décision méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée le 11 juin 2025 sous le n° 2507233 par laquelle Mme B A demande l'annulation de la décision en litige.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Besse, président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, ressortissante comorienne née en 2002, est entrée en France en octobre 2020 sous couvert d'un visa long séjour valant titre de séjour mention étudiant. Elle a ensuite bénéficié d'une carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 31 décembre 2024, dont elle a demandé le renouvellement le 1er novembre 2024. Par des décisions du 14 mai 2025, la préfète du Rhône a refusé de renouveler son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme B A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de ces décisions.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

3. D'une part, et en l'état de l'instruction, les moyens de la requête dirigés contre le refus de renouvellement du titre de séjour n'apparaissent manifestement pas propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision.

4. D'autre part, aux termes de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. / (). ".

5. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le dépôt par la requérante, 11 juin 2025, d'un recours en annulation dirigé contre les décisions du 14 mai 2025 par lesquelles la préfète du Rhône lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination, fait à ce jour obstacle à son éloignement effectif et suspend ainsi, par lui-même, l'exécution de ces décisions. Par suite, les conclusions tendant à la suspension de ces décisions n'ayant aucun objet, elles sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre la requérante au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de Mme B A doit être selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions, y compris celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B A.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 11 juillet 2025.

Le juge des référés,

T. Besse

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier,

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