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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2508614

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2508614

jeudi 11 septembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2508614
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. C et M. A, qui contestaient l’avis défavorable de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) et l’arrêté d’opposition du maire de Villette-sur-Ain à leur déclaration préalable pour l’installation de panneaux photovoltaïques. Le tribunal juge que les conclusions dirigées contre l’avis de l’ABF sont irrecevables, car cet avis ne peut être contesté qu’à l’appui d’un recours contre la décision d’opposition. Il estime également que les conclusions contre l’arrêté municipal sont irrecevables faute pour les requérants d’avoir exercé le recours préalable obligatoire auprès du préfet de région, conformément à l’article R. 424-14 du code de l’urbanisme.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2025, M. B C et M. B A demandent au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'avis du 25 avril 2025 par lequel l'architecte des Bâtiments de France de l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine de l'Ain a refusé de donner son accord à leur déclaration préalable déposée le 27 mars 2025 pour l'installation de panneaux photovoltaïques en surimposition de toiture et l'arrêté du 7 mai 2025 par lequel le maire de la commune de Villette-sur-Ain s'est, au nom de la commune, opposé à leur déclaration préalable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / () ". Selon l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le demandeur peut, en cas d'opposition à une déclaration préalable ou de refus de permis fondé sur un refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, saisir le préfet de région, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, d'un recours contre cette décision dans le délai de deux mois à compter de la notification de l'opposition ou du refus. Le demandeur précise lors de sa saisine s'il souhaite faire appel à un médiateur désigné dans les conditions prévues au III de l'article L. 632-2 du code du patrimoine. Dans ce cas, le préfet de région saisit le médiateur qui transmet son avis dans le délai d'un mois à compter de cette saisine. / Le préfet de région adresse notification de la demande dont il est saisi au maire s'il n'est pas l'autorité compétente, et à l'autorité compétente en matière d'autorisations d'urbanisme. / Le délai à l'issue duquel le préfet de région est réputé avoir confirmé la décision de l'autorité compétente en cas de recours du demandeur est de deux mois à compter de la réception de ce recours. / Si le préfet de région infirme le refus d'accord de l'architecte des Bâtiments de France, l'autorité compétente en matière d'autorisations d'urbanisme statue à nouveau dans le délai d'un mois suivant la réception de la décision du préfet de région. ". Il résulte de ces dernières dispositions que la délivrance d'un permis de construire ou d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable est subordonnée, lorsque les travaux envisagés sont situés dans le champ de visibilité d'un édifice classé ou inscrit ou en co-visibilité avec celui-ci, à l'avis conforme de l'architecte des bâtiments de France ou, lorsque celui-ci a été saisi, du préfet de région. Si l'avis de celui-ci se substitue alors à celui de l'architecte des bâtiments de France, l'ouverture d'un tel recours administratif, qui est un préalable obligatoire à toute contestation de la position ainsi prise au regard de la protection d'un édifice classé ou inscrit, n'a ni pour objet ni pour effet de permettre l'exercice d'un recours contentieux contre cet avis. La régularité et le bien-fondé de l'avis de l'architecte des bâtiments de France ou, le cas échéant, de la décision du préfet de région ne peuvent être contestés qu'à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre la décision de refus du permis de construire ou d'opposition à la déclaration préalable et présenté par une personne ayant un intérêt pour agir. Il résulte des mêmes dispositions qu'un pétitionnaire n'est pas recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision de refus de permis de construire ou d'opposition à déclaration préalable faisant suite à un avis défavorable de l'architecte des bâtiments de France sur cette demande de permis ou sur cette déclaration préalable s'il n'a pas, au préalable, saisi le préfet de région d'un recours contre cet avis.

2. D'une part, il résulte de ce qui a été dit au point précédent que doivent être rejetées comme manifestement irrecevables les conclusions de la requête de M. C et M. A tendant à l'annulation de l'avis du 25 avril 2025 par lequel l'architecte des Bâtiments de France de l'unité départementale de l'architecture et du patrimoine de l'Ain a refusé de donner son accord à leur déclaration préalable déposée le 27 mars 2025 pour l'installation de panneaux photovoltaïques en surimposition de toiture.

3. D'autre part, il est constant que de M. C et M. A n'ont pas fait précéder leur requête du recours préalable obligatoire devant le préfet de région, prévu à l'article R. 424-14 du code de l'urbanisme. Par suite, doivent être rejetées comme manifestement irrecevables les conclusions de la requête de M. C et M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 7 mai 2025 par lequel le maire de la commune de Villette-sur-Ain s'est, au nom de la commune, opposé à leur déclaration préalable en se fondant sur l'avis précité du 25 avril 2025 de l'architecte des Bâtiments de France.

ORDONNE :

Article 1er : La requête n° 2508614 est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C en application du deuxième alinéa de l'article R. 751-3 du code de justice administrative.

Fait à Lyon, le 11 septembre 2025.

Le président de la 1ère chambre,

Hervé Drouet

La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Une greffière,

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