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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2509395

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2509395

mercredi 13 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2509395
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantATV AVOCATS ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, a rejeté la demande de suspension présentée par la préfète de l'Ardèche. Celle-ci contestait un permis de construire délivré par le maire de Vallon-Pont-d'Arc, estimant que le projet compromettait l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal. Le juge a estimé que ce moyen n'était pas, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux sur la légalité de l'acte attaqué. En conséquence, l'ordonnance rejette la requête et condamne l'État à verser 500 euros à la commune et 500 euros au bénéficiaire du permis au titre des frais d'instance.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un déféré enregistré le 24 juillet 2025, la préfète de l'Ardèche demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 28 janvier 2025 par laquelle le maire de Vallon-Pont-d'Arc a délivré à M. B A un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé au lieu-dit " Le moulin à vent ".

Par des mémoires en défense enregistrés le 8 août 2025, M. B A, représenté par la Selarl ATV Avocats associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 août 2025, la commune de Vallon-Pont-d'Arc, représentée par la Selarl GC Avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le moyen invoqué n'est pas fondé.

Vu :

- la décision attaquée et les autres pièces du dossier ;

- le déféré enregistré sous le n° 2509394 par lequel la préfète de l'Ardèche demande l'annulation de la décision du 28 janvier 2025 ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement convoquées à une audience publique ;

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique du 12 août 2025 :

- le rapport de M. Gille, juge des référés ;

- et les observations de M. C pour la préfète de l'Ardèche ainsi que celles de Me Chareyre pour la commune de Vallon-Pont-d'Arc.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 554-1 du code de justice administrative : " Les demandes de suspension assortissant les requêtes du représentant de l'Etat dirigées contre les actes des communes sont régies par le 3e alinéa de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales ci-après reproduit : " Article L. 2131-6, alinéa 3.- : Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué () " ".

Sur les conclusions à fin de suspension :

2. Pour demander la suspension de l'exécution de la décision du 28 janvier 2025 par laquelle le maire de Vallon-Pont-d'Arc a délivré à M. A un permis de construire une maison individuelle sur un terrain situé au lieu-dit " Le moulin à vent ", la préfète de l'Ardèche soutient qu'eu égard à sa nature et à sa localisation, le projet autorisé est de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes des Gorges de l'Ardèche en cours d'élaboration et que le maire de Vallon-Pont-d'Arc aurait dû en conséquence surseoir à la délivrance de cette autorisation sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme. En l'état de l'instruction, ce moyen n'est pas de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête de la préfète de l'Ardèche doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

4. Dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à la commune de Vallon-Pont-d'Arc ainsi qu'à M. A de la somme de 500 euros au titre des frais d'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la préfète de l'Ardèche est rejetée.

Article 2 : L'Etat versera la somme de 500 euros à la commune de Vallon-Pont-d'Arc en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat versera la somme de 500 euros à M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la préfète de l'Ardèche, à la commune de Vallon-Pont-d'Arc ainsi qu'à M. B A.

Fait à Lyon, le 13 août 2025.

Le juge des référés,La greffière,

A. GilleA. Senoussi

La République mande et ordonne au préfet de l'Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Un greffier

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