Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A..., candidat aux concours du CAPES et du CAPLP, contestant le refus de communication de ses copies et de leurs corrections. Le juge a rappelé que, conformément aux articles L. 342-1 et R. 311-15 du code des relations entre le public et l’administration, la saisine préalable de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) est un préalable obligatoire avant tout recours contentieux en matière de refus de communication de documents administratifs. En l’espèce, le requérant n’ayant pas justifié avoir saisi la CADA, sa demande d’annulation du refus était irrecevable. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 31 juillet, 6 août et 27 août 2025, M. B... A... fait part au tribunal de sa présentation aux épreuves d’admissibilité aux concours de CAPES d’histoire-géographie et de CAPLP (lettres et histoire-géographie) session 2025, de son échec à ces épreuves d’admissibilité en raison de notes trop basses et de ses difficultés à obtenir l’accès à ses copies d’épreuves d’admissibilité et aux corrections de celles-ci.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ». Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l’exposé des faits et moyens, ainsi que l’énoncé des conclusions soumises au juge. / (…) ».
2. Aux termes de l’article L. 342-1 du code des relations entre le public et l’administration : « La Commission d’accès aux documents administratifs émet des avis lorsqu’elle est saisie par une personne à qui est opposé un refus de communication ou un refus de publication d’un document administratif (…). / La saisine pour avis de la commission est un préalable obligatoire à l’exercice d’un recours contentieux ». Aux termes de l’article R. 311-12 du même code : « Le silence gardé par l'administration, saisie d'une demande de communication de documents en application de l'article L. 311-1, vaut décision de refus. ». Aux termes de l’article R. 311-13 du même code : « Le délai au terme duquel intervient la décision mentionnée à l'article R. 311-12 est d'un mois à compter de la réception de la demande par l'administration compétente. ». Aux termes de l’article R. 311-15 de ce même code : « Ainsi qu'il est dit à l'article R. 343-1 et dans les conditions prévues par cet article, l'intéressé dispose d'un délai de deux mois à compter du refus d'accès aux documents administratifs qui lui est opposé pour saisir la Commission d'accès aux documents administratifs.
3. Il résulte de telles dispositions qu’il appartient à tout demandeur de document administratif, d’une part, d’en formuler la demande auprès de l’administration compétente et, d’autre part, à défaut d’avoir obtenu la communication des pièces demandées, de saisir pour avis la commission d’accès aux documents administratif (CADA) préalablement à tout recours juridictionnel.
4. En l’espèce, il ressort des pièces du dossier que le requérant a demandé par deux courriers du 23 mai 2025 et par un courriel du 24 mai 2025 destiné aux services du ministère de l’Education nationale et de la jeunesse l’accès à ses copies et à la correction de ses copies aux épreuves d’admissibilité des concours du CAPES (histoire-géographie) et du CAPL (lettres et histoire-géographie). Les services ministériels lui ont adressé le lien informatique lui permettant d’avoir accès à ses copies numérisées. Dans son dernier mémoire, le requérant reconnait avoir reçu ses copies mais conteste la circonstance qu’aucun élément sur des « corrections sur les fautes commises » ou sur « les manquements » de ses copies ne lui ait adressé avec ses copies. Toutefois, l’intéressé n’allègue ni ne justifie avoir saisi préalablement la commission d’accès aux documents administratifs sur un refus de communication de « corrections » concernant ses copies avant d’adresser sa « requête » au tribunal administratif. Dès lors, du fait de l’absence d’une telle démarche auprès de la commission d’accès aux documents administratifs et à supposer même que les écritures du requérant évoquant des difficultés d’accès à ses copies puissent être regardées comme tendant à l’annulation d’un refus d’accès à ses copies ou à tout autre document portant sur la correction de ses copies, de telles conclusions aux fins d’annulation doivent être rejetées comme étant manifestement irrecevables en application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Lyon, 7 novembre 2025.
La présidente de la 7ème chambre,
C. Cottier
La République mande et ordonne à la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier