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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2511430

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2511430

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2511430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantHMAIDA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de M. A..., ressortissant comorien, qui contestait le refus implicite puis explicite (5 novembre 2025) de la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour. Le tribunal estime que la décision de refus est suffisamment motivée et qu'elle ne méconnaît ni l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme, ni l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il retient que M. A., entré en France à 48 ans, ne justifie pas d'une insertion professionnelle particulière, n'a pas exécuté une précédente obligation de quitter le territoire et conserve des attaches dans son pays d'origine. La solution est fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du code des relations entre le public et l'administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :


Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2025, M. D..., représenté par Me Hmaida, avocate, demande au tribunal :
1°) d’annuler pour excès de pouvoir la décision implicite de rejet née du silence gardé par la préfète du Rhône sur sa demande de titre de séjour présentée le 4 mars 2025 ;
2°) à titre principal, d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une carte de séjour temporaire d’une durée d’un an dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, d’enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’État au profit de son conseil une somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique.

Il soutient que :
- la décision contestée n’est pas motivée ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu’il réside habituellement en France depuis plus de huit ans, qu’il justifie de sa vie commune avec Mme B..., avec laquelle il est pacsé depuis plus de six ans, et qu’il justifie de son insertion sociale à travers sa participation à des activités bénévoles ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard des dispositions du premier alinéa de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.


Par ordonnance du 10 septembre 2025, la clôture de l’instruction a été fixée au 14 novembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.


Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l’audience.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.


A été entendu au cours de l'audience publique, le rapport de M. Drouet, président.




Considérant ce qui suit :



Lorsque le silence gardé par l’administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, des conclusions à fin d’annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.

M. A... a saisi la préfète du Rhône le 4 mars 2025 d’une demande de carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » ou la mention « salarié ». En application des dispositions des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une décision implicite de rejet de cette demande de titre de séjour est née le 4 juillet 2025 du silence gardé par la préfète du Rhône sur ladite demande au terme d'un délai de quatre mois. Par décision du 5 novembre 2025, enregistrée au greffe du tribunal le 6 novembre 2025 et communiquée le même jour au conseil du requérant avant la clôture de l’instruction intervenue le 14 novembre 2025, la préfète du Rhône a explicitement rejeté cette demande. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que les conclusions de la requête de M. A..., dirigées contre la décision implicite de rejet précitée, doivent être regardées comme dirigées contre la décision préfectorale expresse du 5 novembre 2025.


En premier lieu, le refus de titre de séjour opposé le 5 novembre 2025 à M. A... énonce les considérations de droit et les éléments de fait propres à la situation personnelle de l’intéressé qui en constituent le fondement et satisfait ainsi à l’obligation de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l’administration. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisance de motivation du refus de titre de séjour contesté du 5 novembre 2025 doit être écarté.

En second lieu, M. A..., ressortissant comorien né le 19 mars 1969, est entré en France le 25 septembre 2017 à l’âge de quarante-huit ans. Si le requérant fait valoir qu’il réside habituellement en France depuis plus de huit ans, qu’il justifie de sa vie commune avec Mme B..., titulaire d’une carte de résident et avec laquelle il est pacsé depuis plus de six ans, qu’il justifie de son insertion sociale à travers sa participation à des activités bénévoles, il ne justifie pas d’une insertion professionnelle particulière sur le territoire français et il est constant qu’il a fait l’objet, le 20 août 2020, d’un refus de titre de séjour et d’une obligation de quitter le territoire français, devenus définitifs à la suite du rejet de son recours contentieux par le tribunal le 31 décembre 2020, qu’il n’a pas exécuté cette mesure d’éloignement, et qu’il n’est pas dépourvu d’attaches, notamment familiales, dans son pays d’origine où il a vécu jusqu’à l’âge de quarante-huit ans. Par suite, compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’espèce, la décision contestée du 5 novembre 2025 portant refus de titre de séjour n’a pas porté au droit de M. A... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par cette décision et n’a, ainsi, pas méconnu les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n’est pas entachée, au regard des dispositions du premier alinéa de l’article L. 435-1 du même code, d’erreur manifeste d’appréciation, M. A... n’établissant pas l’existence de considérations humanitaires ni de motifs exceptionnels justifiant son admission au séjour.

Il résulte de tout ce qui précède que M. A... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 5 novembre 2025 par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » ou la mention « salariée ». Par voie de conséquence, doivent être rejetées les conclusions de sa requête à fin d’injonctions sous astreinte et celles à fin de mise à la charge de l’État des frais exposés et non compris dans les dépens dans les conditions prévues par les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.




DÉCIDE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C... A..., à Me Hmaida et à la préfète du Rhône.




Délibéré après l’audience du 2 décembre 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Drouet, président,
- Mme Viotti, première conseillère,
- Mme Lahmar, conseillère.




Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.




Le président rapporteur,




H. DrouetL’assesseure la plus ancienne,




O. Viotti

La greffière,




L. Khaled





La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Une greffière,

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