Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B... A... contestant la décision du 7 août 2025 du préfet de la Loire fixant le pays de son éloignement. Le juge a estimé que cette décision, qui prévoyait un éloignement vers tout pays où elle est légalement admissible à l’exception de la Colombie, ne modifiait pas sa situation juridique par rapport à l’arrêté du 20 mars 2024 déjà partiellement annulé. En application des articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, les conclusions ont été rejetées comme dépourvues d’objet, la décision attaquée étant purement confirmative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 septembre 2025, Mme C... B... A..., représentée par Me Frery, demande au tribunal :
- d’annuler la décision du 7 août 2025 par laquelle le préfet de la Loire a fixé le pays vers lequel elle pourrait être éloignée d’office ;
- de mettre à la charge de l’Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l’aide juridique et de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (et) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (…) ».
2. Par une décision n° 2403421 du 17 juin 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif, saisie d’une demande de la requérante tendant à l’annulation de l’arrêté du 20 mars 2024 par lequel le préfet de la Loire a prescrit son éloignement et fixé son pays de renvoi, a annulé cet arrêté en tant qu’il fixait la Colombie comme pays vers lequel celle-ci pourrait être éloignée. Si Mme B... A... conteste la décision du 7 août 2025 par laquelle le préfet de la Loire, statuant à nouveau sur la situation de l’intéressée après cette annulation, a prévu que son éloignement pourrait se faire « à destination de tout pays où elle est légalement admissible à l’exception de la Colombie », cette décision se borne en réalité à confirmer sur ce point l’arrêté du 20 mars 2024 envisageant d’autres pays de renvoi que la Colombie et que la décision du 17 juin 2024 de la magistrate désignée par la présidente du tribunal n’a pas censuré. Par suite et alors que la décision du 7 août 2025 ne modifie ainsi pas la situation juridique de la requérante, les conclusions dirigées contre cette décision ne sont manifestement pas recevables et la requête de Mme B... A... doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er :
La requête de Mme B... A... est rejetée.
Article 2 :
La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... B... A... et à la préfète de la Loire.
Fait à Lyon, le 16 octobre 2025.
Le président de la 3ème chambre,
A. Gille
La République mande et ordonne au préfet de la Loire en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier