Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 octobre 2025 à 16h22, M. A... B..., placé au centre de rétention administrative de Lyon, demande au tribunal :
1°) de l’admettre provisoirement au bénéfice de l’aide juridictionnelle ;
2°) d’annuler l’arrêté du 5 octobre 2025 par lequel la préfète de l’Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination et l’a interdit de retour pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il n’est pas justifié de la compétence du signataire des décisions attaquées, lesquelles sont insuffisamment motivées en fait et résultent d’un défaut d’examen particulier de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale tel que garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, est entachée d’une erreur de droit dès lors qu’en application de l’article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile il peut bénéficier d’une titre de séjour de plein droit, est entachée d’une erreur d’appréciation quant à la menace à l’ordre public que constitue son comportement et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale par exception d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire et méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans est illégale par exception d’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, porte une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale tel que garanti par l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile au regard de l’absence de menace pour l’ordre public et de sa situation personnelle.
Des pièces, produites pour la préfète de l’Ain, ont été enregistrées le 9 octobre 2025.
La présidente du tribunal a désigné Mme C... pour statuer au titre des articles L. 921-1 à L.922-3 et R. 921-1 à R. 922-28 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- le rapport de Mme C..., qui informe en outre les parties, en application de l’article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir est susceptible d’être fondé sur un moyen d’ordre public relevé d’office, tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français peut légalement se fonder sur les dispositions du 2° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui peuvent être substituées à celles du 1° de ce même article, ces dernières dispositions ne pouvant servir de base légale à cette décision,
- les observations de Me Mantione, pour M. B..., qui reprend les conclusions et moyens de la requête, et déclare en outre se désister du moyen tiré de l’incompétence de l’auteur des décisions attaquées,
- les observations de Me Tomasi, pour la préfète de l’Ain, qui conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés ne sont pas fondés,
- M. B... ayant refusé de se présenter au tribunal.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... B..., ressortissant tunisien né le 20 février 2003, actuellement retenu en centre de rétention administrative, demande l’annulation l’arrêté du 5 octobre 2025, notifié le jour même à 19h55, par lequel la préfète de l’Ain lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, en fixant le pays de destination et l’a interdit de retour pour une durée de deux ans.
Sur l’aide juridictionnelle :
2. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l’article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre M. B... au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire sur le fondement des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Sur les conclusions à fin d’annulation :
3. Les décisions du 5 octobre 2025 comportent les considérations de droit et de fait qui les fondent et sont, par suite, suffisamment motivées. Il ne ressort pas des pièces du dossier, notamment pas des termes de l’arrêté attaqué, que la préfète de l’Ain n’aurait pas, compte-tenu des éléments en sa possession, procédé à un examen particulier de la situation de M. B..., notamment au regard de sa vie privée et familiale en France.
En ce qui concerne l’obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, aux termes de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré ; (…) ».
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B... est entré en France en 2018 alors qu’il était mineur et a bénéficié d’un document de circulation pour étranger mineur de sorte que la décision l’obligeant à quitter le territoire français ne peut légalement se fonder sur le 1° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois cette décision trouve son fondement légal dans les dispositions du 2° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, ayant atteint l’âge de la majorité, M. B... s’est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour. Par suite, et dès lors que cette substitution de base légale n’a pour effet de priver l’intéressé d’aucune garantie et que l’administration dispose du même pouvoir d’appréciation pour appliquer l’une ou l’autre de ces deux dispositions, il y a lieu de procéder à cette substitution.
6. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou s'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, l'étranger qui a été confié au service de l'aide sociale à l'enfance ou à un tiers digne de confiance au plus tard le jour de ses seize ans se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Cette carte est délivrée sous réserve du caractère réel et sérieux du suivi de la formation qui lui a été prescrite, de la nature des liens de l'étranger avec sa famille restée dans son pays d'origine et de l'avis de la structure d'accueil ou du tiers digne de confiance sur son insertion dans la société française. » Aux termes de l’article L. 613-1 de ce code : « La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. Elle est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) ».
7. M. B..., né le 20 février 2003, n’est pas dans l’année qui suit son 18ème anniversaire, ni ne relève de l’article L. 421-35 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne justifie en outre pas suivre une formation qualifiante. Par suite, il n’est pas fondé à soutenir qu’il remplit les conditions pour bénéficier du titre de séjour de plein droit prévu par les dispositions de l’article L. 423-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En troisième lieu, si M. B... soutient que son comportement ne constitue pas une menace à l’ordre public, la décision attaquée n’a pas été prise sur le fondement du 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de sorte que ce moyen est inopérant.
9. En dernier lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, (…). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire (…) à la sûreté publique, (…) à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales (…) ».
10. M. B..., déclare être entré mineur en France en 2018, avoir été pris en charge par l’aide sociale à l’enfance et avoir été scolarisé dans un collège à Amiens. Il indique également que sa mère et ses sœurs mineurs l’ont rejoint en France en 2023, et qu’il entretient une relation de concubinage depuis cette date avec une ressortissante française avec qui il mène une vie commune depuis mars 2025. Toutefois, aucune pièce du dossier ne témoigne de la présence régulière de sa famille en France. La seule attestation d’hébergement fournie ne permet pas d’établir la réalité, l’ancienneté et l’intensité de la relation de concubinage qu’il entretiendrait avec une ressortissante française. Il ne justifie par ailleurs d’aucune insertion sociale ou professionnelle, ayant fait l’objet par les services de police et de gendarmerie de quatorze signalements sous six alias pour des faits de vol, violation de domicile, dégradation ou détérioration de bien appartenant à autrui, utilisation frauduleuse de carte bancaire, recel de bien provenant d’un délit, port sans motif légitime d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D, acquisition, détention, offre ou cession non autorisée et usage illicite de stupéfiants, violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, conduite d’un véhicule malgré une suspension de permis de conduire et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique, ces faits ayant été commis entre août 2021 et avril 2025. Il a par ailleurs fait l’objet, sous des identités différentes, de trois précédentes obligations de quitter le territoire français le 6 novembre 2022, le 19 septembre 2023 et 15 novembre 2023 qu’il n’a pas exécuté. Dans ces conditions, la décision l’obligeant à quitter le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que garanti par les stipulations précitées de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni n’est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne le refus de délai de départ volontaire :
11. Aux termes de l’article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; (…) 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ». Aux termes de l’article L. 612-3 de ce code : « Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; (…) 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; (…).
12. Pour refuser l’octroi d’un délai de départ volontaire à M. B..., la préfète de l’Ain a considéré que l’intéressé, entré irrégulièrement en France, s’y est maintenu sans solliciter la délivrance d’un titre de séjour, que son comportement constitue une menace à l’ordre public, qu’il a déclaré vouloir rester en France et a méconnu trois précédentes obligations de quitter le territoire français.
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit, M. B... n’est pas fondé à se prévaloir par voie d’exception de l’illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire pour demander l’annulation de la décision lui refusant un délai de départ volontaire.
14. En second lieu, ainsi qu’il a été dit au point 5, M. B..., entré en France en 2018 alors qu’il était mineur et ayant bénéficié d’un document de circulation pour étranger, ne peut être regardé comme étant entré irrégulièrement en France. Toutefois, le comportement de M. B... constitue une menace suffisamment grave et actuelle pour l'ordre public dès lors qu’il a fait l’objet par les services de police et de gendarmerie de quatorze signalements sous six alias pour des faits de vol, violation de domicile, dégradation ou détérioration de bien appartenant à autrui, utilisation frauduleuse de carte bancaire, recel de bien provenant d’un délit, port sans motif légitime d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D, acquisition, détention, offre ou cession non autorisée et usage illicite de stupéfiants, violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, conduite d’un véhicule malgré une suspension de permis de conduire et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique entre août 2021 et avril 2025. Si M. B... fait valoir qu’aucune information n’est donnée sur les faits reprochés ni sur leurs suites pénales, il ne conteste pas sérieusement être l’auteur de ces infractions détaillées dans le fichier automatisé des empreintes digitales (FAED) produit par la préfète de l’Ain. Par ailleurs, M. B... ne conteste pas avoir explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français et s’être soustrait à l'exécution de précédentes mesures d'éloignement. Dès lors qu’il résulte de l’instruction que la préfète de l’Ain aurait pris la même décision si elle s’était fondée sur ces seuls motifs, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne l’interdiction de retour sur le territoire pour une durée de deux ans :
15. Aux termes de l’article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour (…) l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. (…) ».
16. Pour interdire le retour à M. B... pour une durée de deux ans, la préfète de l’Ain s’est fondée, après avoir examiné sa durée de présence sur le territoire français et la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, sur la circonstance qu’il s’est soustrait à des précédentes mesures d’éloignement et que sa présence sur le territoire représente une menace pour l’ordre public.
17. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit, M. B... n’est pas fondé à se prévaloir par voie d’exception de l’illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire pour demander l’annulation de la décision portant interdiction de retour.
18. En deuxième lieu, ainsi qu’il a été dit, M. B..., entré en France en 2018 alors qu’il était mineur, ne justifie pas de la présence régulière de sa famille, ni d’aucune autre attache, sur le territoire. Il ne conteste pas avoir fait l’objet, sous des identités différentes, de trois précédentes obligations de quitter le territoire français le 6 novembre 2022, le 19 septembre 2023 et 15 novembre 2023 qu’il n’a pas exécuté. S’il fait valoir que sa présence en France ne constitue pas une menace à l’ordre public, il ne conteste pas sérieusement être l’auteur des quatorze infractions pour lesquelles il a fait l’objet d’un signalement au FAED entre août 2021 et avril 2025 pour des faits de vol, violation de domicile, dégradation ou détérioration de bien appartenant à autrui, utilisation frauduleuse de carte bancaire, recel de bien provenant d’un délit, port sans motif légitime d’arme blanche ou incapacitante de catégorie D, acquisition, détention, offre ou cession non autorisée et usage illicite de stupéfiants, violence en raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre, conduite d’un véhicule malgré une suspension de permis de conduire et outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Par suite, la préfète de l’Ain n’a pas fait une inexacte application des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée de deux ans, durée qui ne présente pas en l’espèce de caractère disproportionné.
19. En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d’annulation présentées par M. B... doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu’il en soit fait application à l’encontre de l’Etat, qui n’est pas partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : M. B... est admis provisoirement à l’aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B... est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète de l’Ain.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 octobre 2025.
La magistrate désignée,
A. C...
La greffière,
F. Gaillard
La République mande et ordonne à la préfète de l’Ain en ce qui la concerne ou à tous commissaire de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,