Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté la requête de M. A... contestant la décision de la préfète du Rhône du 29 septembre 2025 classant sans suite sa demande de naturalisation pour dossier incomplet. Le juge a relevé que le courrier de M. A... constituait un recours administratif, non une requête contentieuse, et qu'à le supposer dirigé contre la décision préfectorale, il ne soulevait aucun moyen opérant. L'avis de classement sans suite a été jugé insusceptible de faire grief et donc non attaquable par un recours pour excès de pouvoir. La requête a été rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement des articles R. 222-1, 4° et 7°, et R. 411-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
La présidente de la 5ème chambreVu la procédure suivante :
Par un courrier, enregistré le 7 octobre 2025, M. B... A... formule un recours administratif, sur un formulaire intitulé « recours administratif préalable obligatoire » non daté, ni signé, suite à la décision du 29 septembre 2025, qu’il produit, par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation, au motif de son incomplétude.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé ». Aux termes de l’article R. 411-1 du même code : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ».
A l’appui de son courrier, M. A... explique qu’il a déjà envoyé une copie intégrale de son acte de naissance datant de moins de trois mois, qu’il ne lui avait jamais été demandé de produire sa carte d’identité de son pays d’origine en cours de validité et qu’il joint à l’appui de ce recours de nouveaux éléments dans l’espoir que la décision qu’il conteste soit reconsidérée. Ce faisant, M. A... formule un recours administratif, et non contentieux, dont il ne relève pas de l’office du juge administratif d’en connaître.
En tout état de cause, à supposer que M. A... ait entendu demander au tribunal d’annuler la décision préfectorale du 29 septembre 2025 de classement sans suite, qu’il joint à sa requête, il ne conteste sérieusement, ni le caractère incomplet de son dossier, ni le motif d’incomplétude qui lui est opposé, et ne soulève ainsi aucun moyen opérant ou assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, avant l’expiration du délai de recours. Dans ces conditions, l’avis de classement sans suite contesté n’a pas le caractère d’une décision faisant grief et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.
Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A... est irrecevable et doit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Fait à Lyon le 5 décembre 2025.
La présidente de la 5ème chambre,
A-S. Bour
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,