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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2512957

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2512957

jeudi 30 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2512957
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLULÉ

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la demande de la préfète du Rhône visant à ordonner l'expulsion sans délai de Mme D... d'un hébergement d'urgence pour demandeurs d'asile (HUDA). Le juge a estimé que, malgré le rejet de sa demande d'asile et l'obligation de quitter le territoire, la situation personnelle et familiale de l'intéressée, notamment les troubles de santé de ses enfants et l'absence de solution d'hébergement alternative, faisait obstacle à une mesure d'expulsion immédiate. La solution retenue s'appuie sur les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que sur les articles L. 345-1 et suivants du code de l'action sociale et des familles garantissant un droit à l'hébergement d'urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2025, la préfète du Rhône demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à Mme A... D..., et tout occupant de son chef, de quitter le logement occupé au sein de l’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA) de Villefranche- sur-Saône et d’en remettre les clefs au gestionnaire du centre sans délai, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ce qui permettra en cas d’inexécution le recours à la force publique ;

2°) de l’autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l’HUDA de Villefranche-sur-Saône afin de débarrasser les lieux des biens meubles s’y trouvant, aux frais et risques de Mme D....

Elle soutient que :
l’intéressée occupe de manière abusive et illégale le logement dans lequel elle a été prise en charge le temps de l’examen de sa demande d’asile, qui a été rejetée ; elle devait quitter les lieux au plus tard le 31 janvier 2023 et a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire ;
l’occupation abusive et illégale du logement porte atteinte à la continuité du fonctionnement du service public de l’hébergement des demandeurs d’asile, alors au demeurant qu’il existe un contexte de saturation du dispositif d’hébergement d’urgence tant sur le volet asile que sur le volet social.

Par un mémoire, enregistré le 27 octobre 2025, Mme A... E... D..., représentée par Me Lulé, conclut :

1°) à son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu’il lui soit accordé un délai pour quitter les lieux jusqu’à ce qu’il lui soit proposé un hébergement d’urgence ou, à défaut, d’une durée de neuf mois ;

3°) à la mise à la charge de l’Etat d’une somme de 1 200 euros à verser à leur conseil au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l’aide juridictionnelle, ou à lui verser directement si elle n’était pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
la requête est irrecevable dès lors que la notification de la mise en demeure est irrégulière ;
il existe une contestation sérieuse au regard des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfants dès lors qu’aucune proposition de logement adapté lui a été faite alors qu’elle bénéficie d’une protection internationale accordée par les autorités italiennes d’une part, et d’autre part, que son fils présente des troubles du neurodéveloppement nécessitant une prise en charge, comme sa fille ;
elle bénéficie d’un droit à un hébergement d’urgence, en vertu des dispositions des articles L. 345-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles ;
un délai pour quitter les lieux doit lui être accordé compte tenu de sa situation personnelle et familiale, d’autant que les conditions hivernales s’installent.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de l’action sociale et des familles ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Après avoir, au cours de l’audience publique tenue en présence de M. C... en qualité de greffier, présenté son rapport et entendu :
les observations de Mme B... pour la préfète du Rhône, qui a repris les écritures produites ;
les déclarations de Mme D... qui a précisé sa compréhension de sa situation administrative au regard, notamment, de la qualité de réfugié reconnue par les autorités italiennes ;
et les observations de Me Lulé pour Mme D... qui a repris les écritures produites. La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
La préfète du Rhône demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile

et de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner l’expulsion sans délai de A... E... D... du logement occupé au sein de l’HUDA de Villefranche-sur-Saône.
Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard aux circonstances de l’espèce et compte tenu de l’urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de A... E... D... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur la demande de la préfète du Rhône :
Aux termes l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
Aux termes de l’article L. 552-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les lieux d’hébergement mentionnés à l’article L. 552-1 accueillent les demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur demande d’asile ou jusqu’à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ». L’article L. 552-15 de ce même code dispose : « Lorsqu’il est mis fin à l’hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551- 14, l’autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d’hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu’il soit enjoint à cet occupant sans titre d’évacuer ce lieu. (…) ».

Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d’une demande tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile d’un demandeur d’asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d’expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.
En cas de contestation de la notification de la mise en demeure prévue par les dispositions citées au point 4, il incombe à l’autorité administrative ou au gestionnaire du lieux d’établir qu’une telle notification a été régulièrement adressée à l’occupant et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l’adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l’expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d’une attestation de l’administration postale ou d’autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d’un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet
« avis de réception » sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l’enveloppe ou l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.

Compte tenu de l’absence de toute mention utile sur le bordereau du recommandé avec avis de réception produit par la préfète du Rhône, il n’est pas établi que Mme D... a été avisée de la mise en instance du pli daté du 12 mars 2025 la mettant en demeure de quitter les lieux occupés dans un délai de 15 jours, lequel a été, selon les indications du suivi postal, « distribué à son expéditeur suite à un retour ». Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la demande de la préfète du Rhône se heurte à une contestation sérieuse. Elle doit, par suite, être rejetée.
Sur les frais d’instance :
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre des dispositions de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A... E... D... est provisoirement admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de la préfète du Rhône est rejetée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme D... est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur, à la préfète du Rhône et à Mme D....

Fait à Lyon, le 30 octobre 2025.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition, Un greffier

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2025, la préfète du Rhône demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à Mme A... D..., et tout occupant de son chef, de quitter le logement occupé au sein de l’hébergement d’urgence pour demandeurs d’asile (HUDA) de Villefranche- sur-Saône et d’en remettre les clefs au gestionnaire du centre sans délai, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ce qui permettra en cas d’inexécution le recours à la force publique ;

2°) de l’autoriser à donner toutes instructions utiles au gestionnaire de l’HUDA de Villefranche-sur-Saône afin de débarrasser les lieux des biens meubles s’y trouvant, aux frais et risques de Mme D....

Elle soutient que :
l’intéressée occupe de manière abusive et illégale le logement dans lequel elle a été prise en charge le temps de l’examen de sa demande d’asile, qui a été rejetée ; elle devait quitter les lieux au plus tard le 31 janvier 2023 et a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire ;
l’occupation abusive et illégale du logement porte atteinte à la continuité du fonctionnement du service public de l’hébergement des demandeurs d’asile, alors au demeurant qu’il existe un contexte de saturation du dispositif d’hébergement d’urgence tant sur le volet asile que sur le volet social.

Par un mémoire, enregistré le 27 octobre 2025, Mme A... E... D..., représentée par Me Lulé, conclut :

1°) à son admission au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;

2°) au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu’il lui soit accordé un délai pour quitter les lieux jusqu’à ce qu’il lui soit proposé un hébergement d’urgence ou, à défaut, d’une durée de neuf mois ;

3°) à la mise à la charge de l’Etat d’une somme de 1 200 euros à verser à leur conseil au titre des dispositions combinées de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour ce dernier de renoncer au bénéfice de l’aide juridictionnelle, ou à lui verser directement si elle n’était pas admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
la requête est irrecevable dès lors que la notification de la mise en demeure est irrégulière ;
il existe une contestation sérieuse au regard des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l’enfants dès lors qu’aucune proposition de logement adapté lui a été faite alors qu’elle bénéficie d’une protection internationale accordée par les autorités italiennes d’une part, et d’autre part, que son fils présente des troubles du neurodéveloppement nécessitant une prise en charge, comme sa fille ;
elle bénéficie d’un droit à un hébergement d’urgence, en vertu des dispositions des articles L. 345-1 et suivants du code de l’action sociale et des familles ;
un délai pour quitter les lieux doit lui être accordé compte tenu de sa situation personnelle et familiale, d’autant que les conditions hivernales s’installent.
Vu les autres pièces du dossier. Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de l’action sociale et des familles ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Après avoir, au cours de l’audience publique tenue en présence de M. C... en qualité de greffier, présenté son rapport et entendu :
les observations de Mme B... pour la préfète du Rhône, qui a repris les écritures produites ;
les déclarations de Mme D... qui a précisé sa compréhension de sa situation administrative au regard, notamment, de la qualité de réfugié reconnue par les autorités italiennes ;
et les observations de Me Lulé pour Mme D... qui a repris les écritures produites. La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.
Considérant ce qui suit :
La préfète du Rhône demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions combinées de l’article L. 552-15 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile

et de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’ordonner l’expulsion sans délai de A... E... D... du logement occupé au sein de l’HUDA de Villefranche-sur-Saône.
Sur l’admission à l’aide juridictionnelle provisoire :

Aux termes de l’article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, relative à l’aide juridique : « Dans les cas d’urgence (…), l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d’aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ». Eu égard aux circonstances de l’espèce et compte tenu de l’urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l’admission provisoire de A... E... D... au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

Sur la demande de la préfète du Rhône :
Aux termes l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ».
Aux termes de l’article L. 552-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les lieux d’hébergement mentionnés à l’article L. 552-1 accueillent les demandeurs d’asile pendant la durée d’instruction de leur demande d’asile ou jusqu’à leur transfert effectif vers un autre Etat européen ». L’article L. 552-15 de ce même code dispose : « Lorsqu’il est mis fin à l’hébergement dans les conditions prévues aux articles L. 551-11 à L. 551- 14, l’autorité administrative compétente ou le gestionnaire du lieu d’hébergement peut demander en justice, après mise en demeure restée infructueuse, qu’il soit enjoint à cet occupant sans titre d’évacuer ce lieu. (…) ».

Il résulte de ces dispositions que, saisi par le préfet d’une demande tendant à ce que soit ordonnée l’expulsion d’un lieu d’hébergement pour demandeurs d’asile d’un demandeur d’asile dont la demande a été définitivement rejetée, le juge des référés du tribunal administratif y fait droit dès lors que la demande d’expulsion ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la libération des lieux présente un caractère d’urgence et d’utilité.
En cas de contestation de la notification de la mise en demeure prévue par les dispositions citées au point 4, il incombe à l’autorité administrative ou au gestionnaire du lieux d’établir qu’une telle notification a été régulièrement adressée à l’occupant et, lorsque le pli contenant cette notification a été renvoyé par le service postal au service expéditeur, de justifier de la régularité des opérations de présentation à l’adresse du destinataire. La preuve qui lui incombe ainsi peut résulter soit des mentions précises, claires et concordantes figurant sur les documents, le cas échéant électroniques, remis à l’expéditeur conformément à la règlementation postale soit, à défaut, d’une attestation de l’administration postale ou d’autres éléments de preuve établissant la délivrance par le préposé du service postal d’un avis de passage prévenant le destinataire de ce que le pli est à sa disposition au bureau de poste. Compte tenu des modalités de présentation des plis recommandés prévues par la réglementation postale, doit être regardé comme portant des mentions précises, claires et concordantes suffisant à constituer la preuve d’une notification régulière le pli recommandé retourné à l’administration auquel est rattaché un volet
« avis de réception » sur lequel a été apposée la date de vaine présentation du courrier et qui porte, sur l’enveloppe ou l’avis de réception, l’indication du motif pour lequel il n’a pu être remis.

Compte tenu de l’absence de toute mention utile sur le bordereau du recommandé avec avis de réception produit par la préfète du Rhône, il n’est pas établi que Mme D... a été avisée de la mise en instance du pli daté du 12 mars 2025 la mettant en demeure de quitter les lieux occupés dans un délai de 15 jours, lequel a été, selon les indications du suivi postal, « distribué à son expéditeur suite à un retour ». Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la demande de la préfète du Rhône se heurte à une contestation sérieuse. Elle doit, par suite, être rejetée.
Sur les frais d’instance :
Il n’y a pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit aux conclusions présentées au titre des dispositions de l’article L. 761 1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme A... E... D... est provisoirement admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de la préfète du Rhône est rejetée.

Article 3 : Le surplus des conclusions de Mme D... est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur, à la préfète du Rhône et à Mme D....

Fait à Lyon, le 30 octobre 2025.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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