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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2512974

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2512974

mercredi 22 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2512974
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL BSG AVOCATS ET ASSOCIES

Résumé IA

Suspension d'un refus implicite de titre de séjour. Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A... pour défaut d'urgence. Le juge estime que le requérant ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence applicable au refus de renouvellement, sa demande ne constituant pas une telle demande. En l'absence de justifications suffisantes sur les difficultés alléguées et compte tenu de son séjour irrégulier prolongé, la condition d'urgence n'est pas remplie.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2025, M. B... A..., représenté par la SELARL BSG Avocats et Associés, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;


2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le paiement d’une somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dans l’hypothèse, comme en l’espèce, du refus de renouveler un titre de séjour ; en outre, alors qu’il exerce une activité professionnelle, il rencontre des difficultés pour obtenir le renouvellement de son récépissé ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.


Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 13 octobre 2025 sous le n° 2512971, par laquelle M. A... demande au tribunal d’annuler la décision dont il demande la suspension dans la présente requête.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

M. A..., ressortissant algérien né le 30 avril 1991, bénéficiait d’un titre de séjour, valable du 21 octobre 2014 au 20 octobre 2015. Il soutient avoir présenté le 30 octobre 2015 une demande de renouvellement de ce titre. Une décision implicite de rejet est par suite intervenue à l’issue du délai de quatre mois gardé par la préfète du Rhône sur cette demande. La demande présentée le 9 décembre 2024 ne constitue donc pas une demande de renouvellement du titre de séjour dont il disposait. Il ne peut donc se prévaloir de la présomption d’urgence institué dans l’hypothèse d’une demande de renouvellement d’un titre de séjour. Par ailleurs, s’il soutient rencontrer des difficultés pour obtenir le renouvellement du récépissé qui lui est régulièrement délivré par les services préfectoraux et que ces difficultés ont des répercussions sur son activité professionnelle, il n’apporte aucune précision à l’appui de ses allégations ni ne verse au dossier aucun élément suffisant de justification pour en établir l’exactitude. Dans ces conditions, et alors qu’il séjourne sur le territoire français en situation irrégulière depuis une dizaine d’années, la condition d’urgence requise par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A... doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....



Fait à Lyon le 22 octobre 2025.





Le juge des référés






J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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