Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en procédure d'exécution d'un jugement, a constaté l'inexécution par la préfète du Rhône d'une injonction de fixer un rendez-vous pour une demande de séjour. En application des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, la juridiction a assorti cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 1er mars 2026.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 20 octobre 2025, la présidente du tribunal administratif de Lyon, sur la demande de M. A... B... représenté par la Sarl BS2A Bescou Sabatier Avocats associés et en application de l’article R. 921-6 du code de justice administrative, a ouvert une procédure juridictionnelle tendant à ce que soit assurée l’exécution du jugement du tribunal administratif n° 2402893 du 11 juillet 2025.
La procédure a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n’a pas produit d’observations.
Vu le jugement n° 2402893 du 11 juillet 2025 et les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions lors de l’audience.
Après avoir entendu le rapport de M. Gille au cours de l'audience publique, à laquelle les parties n’étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement n° 2402893 du 11 juillet 2025, le tribunal administratif de Lyon, après avoir annulé la décision de la préfète du Rhône du 23 janvier 2024 refusant de fixer un rendez-vous à M. B... en vue du dépôt de sa demande d’admission au séjour, a fait injonction à la préfète du Rhône, sous la réserve mentionnée au point 4 de ce jugement, de fixer un tel rendez-vous dans le délai de quinze jours. Par une ordonnance du 20 octobre 2025 prise sur le fondement des articles L. 911-4 et R. 921-6 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a ordonné l’ouverture d’une procédure juridictionnelle en vue d’assurer l’exécution de ce jugement.
2. Aux termes de l’article L. 911-4 du code de justice administrative : « En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction (…) d'en assurer l’exécution. / Si le jugement ou l'arrêt dont l’exécution est demandée n'a pas défini les mesures d’exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d’exécution et prononcer une astreinte ».
3. Il est constant que la préfète du Rhône, qui n’a pas produit d’observations dans le cadre de la présente procédure, n’a pas donné suite à l’injonction prononcée par le jugement du 11 juillet 2025, qui n’a ainsi pas reçu exécution. Par suite et dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu d’assortir l’injonction prononcée par le jugement du 11 juillet 2025 d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 1er mars 2026.
D E C I D E :
Article 1er : L’injonction prononcée à l’article 2 du jugement n° 2402893 du 11 juillet 2025 est assortie d’une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter du 1er mars 2026.
Article 2 : La préfète du Rhône communiquera au tribunal copie des actes justifiant des mesures prises pour exécuter le jugement n° 2402893 du 11 juillet 2025.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et à la préfète du Rhône.
Délibéré après l'audience du 9 février 2026, à laquelle siégeaient :
M. Gille, président,
Mme Jeannot, première conseillère,
Mme Goyer Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2026.
Le président, rapporteur
A. Gille
L’assesseure la plus ancienne,
F.-M. Jeannot
La greffière,
K. Schult
La République mande et ordonne au préfet du Rhône en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier