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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2513431

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2513431

jeudi 22 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2513431
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantBONNET

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante ivoirienne, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. La décision initiale de l'OFII était fondée sur le départ de la requérante de son lieu d'hébergement, conformément à l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation, car l'examen de vulnérabilité n'avait révélé aucun motif exceptionnel et la famille était prise en charge par le 115. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation de la décision de l'OFII.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2025, Mme A... C... B..., représentée par Me Bonnet, demande au tribunal d’annuler la décision du 14 octobre 2025 par laquelle l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d’accueil.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 janvier 2026, l’Office français de l’immigration et de l’intégration conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que la décision attaquée est légale et justifiée.

La présidente du tribunal a désigné Mme Fullana Thevenet en application de l’article L. 922-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pour statuer sur les litiges relevant des procédures à juge unique prévues au titre II du livre IX du même code.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Fullana Thevenet,
- les observations de Me Bonnet, représentant Mme B..., qui a repris ses conclusions et soutenu que la décision méconnaît l’article L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle,
- et les observations de Mme B....

L’Office français de l’immigration et de l’intégration n’était ni présent, ni représenté.


Considérant ce qui suit :

Mme B..., ressortissante ivoirienne née le 10 mars 1990, demande au tribunal d’annuler la décision du 14 octobre 2025 par laquelle le directeur territorial de l’Office français de l’immigration et de l’intégration a refusé de rétablir à son profit le bénéfice des conditions matérielles d’accueil.

Aux termes de l’article L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Il est mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : (…) / 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 (…). / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ».

Il ressort des pièces du dossier que l’Office français de l’immigration et de l’intégration a mis fin au bénéfice des conditions matérielles d’accueil accordé à Mme B... en raison de son départ du lieu d’hébergement dans lequel elle avait été admise. La requérante expose qu’elle a quitté ce lieu car elle ne souhaitait pas faire l’objet d’une remise aux autorités italiennes pour l’examen de sa demande d’asile et que sa demande relevant désormais de la compétence des autorités françaises, elle souhaite bénéficier à nouveau des conditions matérielles d’accueil pour elle et sa famille. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la famille est prise en charge par le 115 et que l’examen de vulnérabilité mené par l’Office français de l’immigration et de l’intégration dans le cadre de la demande de rétablissement des conditions matérielles d’accueil n’a fait apparaître aucun motif exceptionnel de vulnérabilité. Dans ces conditions, Mme B... n’est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaît les dispositions de l’article L. 551-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation quant à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B... doit être rejetée.


D E C I D E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... C... B... et à l’Office français de l’immigration et de l’intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 janvier 2026.


La magistrate désignée,





M. Fullana Thevenet
Le greffier,

T. Clément





La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier,


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