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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2513446

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2513446

lundi 3 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2513446
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantZOUNGRANA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de la préfète du Rhône rejetant la demande de regroupement familial de Mme B... pour son fils. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, faute pour la requérante d’apporter des éléments précis ou des justifications sur la situation de détresse de son enfant en Algérie. La requête a été rejetée sans instruction ni audience, en application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 octobre 2025, Mme D... B..., représentée par Me Zoungrana, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement rejeté la demande de regroupement familial présentée en faveur de son fils C... A... ;


2°) d’enjoindre à la préfète de faire droit à cette demande ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation, dans un délai d’un mois à compter de l’ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’État le paiement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- l’urgence est constituée, la décision litigieuse portant atteinte à ses droits fondamentaux et à ceux de son fils, et notamment au droit de mener une vie familiale normale ; l’enfant, abandonné par son père, a été confié en Algérie à ses grands-parents maternels, qui ne sont toutefois pas en mesure d’assurer son entretien et son éducation ; son fils se trouve ainsi dans une situation de détresse absolue, qui affecte gravement son état de santé, alors que son épanouissement serait parfaitement assuré en France ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 24 octobre 2025 sous le n° 2513445, par laquelle Mme B... demande au tribunal d’annuler la décision dont elle demande la suspension dans la présente requête.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Mme B..., ressortissante algérienne, demande au juge des référés du tribunal, sur le fondement de l’article L. 521-1 précité du code de justice administrative, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement rejeté la demande de regroupement familial présentée en faveur de son fils C... A....

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si ses effets sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

La circonstance que la décision litigieuse porterait atteinte aux droits fondamentaux de Mme B... et de son fils, et notamment au droit de mener une vie familiale normale, est, par elle-même, sans incidence sur l’appréciation de la condition d’urgence. Si la requérante fait également valoir que son fils, abandonné par son père, a été confié en Algérie à ses grands-parents maternels et que ceux-ci n’étant pas en mesure d’assurer l’entretien et l’éducation de l’enfant, celui-ci se trouve dans une situation de détresse absolue qui affecte gravement son état de santé, elle n’apporte toutefois aucune précision à l’appui de ses allégations et ne verse au dossier aucun élément de justification pour en établir l’exactitude. Dans ces circonstances, la condition d’urgence requise par les dispositions précitées de l’article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

Il résulte de ce qui précède, sans qu’il soit besoin d’examiner s’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, que la requête de Mme B... doit être rejetée selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D... B....



Fait à Lyon le 3 novembre 2025.





Le juge des référés






J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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