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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2513764

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2513764

jeudi 18 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2513764
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. C..., qui demandait une injonction à la préfète du Rhône de le convoquer pour déposer une demande de titre de séjour. Le juge a considéré que ces conclusions, présentées à titre principal sans être accompagnées d’une demande d’annulation, étaient manifestement irrecevables, car il n’appartient pas au juge administratif d’adresser des injonctions à l’administration en dehors des cas prévus par la loi. De plus, le tribunal a relevé qu’une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour était née, rendant l’injonction sollicitée sans objet. La décision s’appuie sur les articles R. 222-1 et R. 421-1 du code de justice administrative, ainsi que sur les articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2025, M. B... C... demande au tribunal d’enjoindre à la préfète du Rhône de le convoquer dans un délai raisonnable en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ». Il résulte de ces dispositions que, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

3. D’une part, par la présente requête, M. C..., qui n’a pas entendu saisir le juge des référés, demande au tribunal d’enjoindre à la préfète du Rhône de le convoquer dans un délai raisonnable en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour. De telles conclusions, qui n’accompagnent pas des conclusions à fin d’annulation, doivent être regardées comme des conclusions tendant au prononcé d’injonction à titre principal dont il n’appartient pas au juge de connaître en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, du code de justice administrative.

4. D’autre part, aux termes de l’article R. 432-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « Le dépôt d'une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d'une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. / (…) ». Par ailleurs, et en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. Ainsi, le silence gardé par le préfet sur une demande de titre de séjour fait en principe naître, au terme du délai de quatre mois, une décision implicite de rejet de cette demande. Il en va autrement lorsqu’il est établi que le dossier de la demande était incomplet, le silence gardé par l’administration valant alors refus implicite d’enregistrement de la demande.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. C... a déposé le 2 octobre 2024 une demande de titre de séjour. Une confirmation du dépôt d’une pré-demande lui a été délivrée à cette date via le téléservice dit A.... En l’absence de réponse dans un délai de quatre mois à sa demande réputée complète, une décision implicite de rejet de la demande de titre de séjour de l’intéressé est nécessairement née à la date de la présente ordonnance. Dans ces conditions, il ne peut être enjoint à la préfète du Rhône de convoquer M. C... en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour, lequel est d’ailleurs déjà intervenu, ce dernier pouvant seulement, s’il s’y croit fondé, contester le refus implicite opposé à sa demande.

6. Dans ces conditions, la requête de M. C..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... C....

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.





Fait à Lyon, le 18 décembre 2025.



Le président de la 2ème chambre,




T. Besse



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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