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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2513869

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2513869

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2513869
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de Mme B... qui contestait le classement sans suite de sa demande de naturalisation par la préfète du Rhône. Le tribunal constate que la décision attaquée, notifiée via l'espace personnel ANEF le 22 mai 2025, est réputée reçue le 6 juin 2025 faute de consultation dans les quinze jours. Le recours, enregistré le 30 octobre 2025, est tardif car introduit au-delà du délai de deux mois prévu par l'article R. 421-1 du code de justice administrative. En application de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, le classement sans suite pour dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief, ce qui rend la requête irrecevable.

Texte intégral

La présidente de la 5ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 octobre 2025, Mme A... B... demande au tribunal d’annuler la décision du 22 mai 2025 par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation au motif de son incomplétude.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.




Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ». Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ».

2. D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

3. Enfin, aux termes du dernier alinéa de l’article 35 du décret du 30 décembre 1993 : « Lorsque la demande a été déposée au moyen de l'application informatique mentionnée au premier alinéa [c’est-à-dire au moyen de « l'application informatique dédiée accessible par le réseau Internet »], les notifications adressées au demandeur se font au moyen de celui-ci dans des conditions précisées par un arrêté du ministre chargé des naturalisations », et aux termes du dernier alinéa de l’article 3 de l’arrêté du 3 février 2023 : « Tout message sur l'espace personnel de l'usager est réputé lui être notifié à la date de sa première consultation, certifiée par l'accusé de lecture délivré par l'application. A défaut d'une telle consultation dans le délai de quinze jours calendaires suivant sa date de mise à disposition sur l'espace personnel, ce message ainsi que, le cas échéant, le fichier joint, sont réputés notifiés à cette dernière date, à l'issue de ce délai ».

4. Il ressort des pièces produites par Mme B... que le courrier qu’elle conteste, qui comporte la mention complète des voies et délais de recours, a été mis à sa disposition le 22 mai 2025 sur son espace personnel de l’application informatique dédiée. En application des dispositions précitées, faute pour elle d’avoir consulté ce courrier dans les quinze jours calendaires suivant cette mise à disposition, ce courrier est réputé avoir été notifié à cette dernière date. Mme B... se borne à soutenir qu’elle n’a pas eu accès à son compte ANEF durant cette période, sans plus de précisions et sans soutenir qu’une telle absence d’accès serait indépendante de sa volonté. Dans ces conditions, le présent recours, qui a été enregistré au-delà du délai de deux mois fixé par les dispositions de l’article R. 421-1 précité du code de justice administratif, est tardif.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête est entachée d’une irrecevabilité non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doit être rejetée.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B....


Fait à Lyon, le 12 janvier 2026.


La présidente de la 5ème chambre,





A-S. Bour




La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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