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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514245

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514245

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514245
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lyon rejette la requête de Mme C..., qui demandait au juge d'enjoindre au maire de faire respecter les prescriptions d'un permis de construire. Le tribunal rappelle que, sauf exceptions législatives, il ne peut adresser d'injonctions à l'administration à titre principal, en dehors d'un recours en annulation. En l'espèce, les conclusions de Mme C..., non accompagnées de conclusions à fin d'annulation, sont jugées manifestement irrecevables sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. La requête est donc rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2025, Mme A... C... demande au tribunal d’enjoindre au maire de faire ordonner le respect des prescriptions du permis de construire délivré le 2 décembre 2024 par le maire de Jonage à M. B....

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

2. Aux termes de l’article R. 421-1 du même code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ». Il résulte de ces dispositions que, en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, il n’appartient pas à la juridiction administrative d’accueillir des conclusions tendant à d’autres fins que l’annulation d’une décision administrative en raison de son illégalité ou la condamnation d’une personne publique à verser une somme d’argent. Ainsi, le juge administratif ne peut faire œuvre d’administrateur et se substituer aux administrations compétentes, ni intervenir lui-même activement et directement pour prendre en charge une situation considérée comme anormale par un administré, ni adresser des injonctions à une autorité administrative hormis dans le cas où cela est impliqué par l’annulation d’un acte administratif prononcée à titre principal.

3. Par la présente requête, Mme C... signale au tribunal des non-conformités dans la mise en œuvre du permis de construire délivré le 2 décembre 2024 par le maire de Jonage à M. B.... Si elle demande au tribunal de faire ordonner le respect de ces prescriptions, de telles conclusions, qui n’accompagnent pas des conclusions à fin d’annulation, doivent être regardées comme des conclusions tendant au prononcé d’injonction à titre principal dont il n’appartient pas au juge de connaître en dehors des cas expressément prévus par des dispositions législatives particulières, inapplicables en l’espèce, du code de justice administrative.

4. Dans ces conditions, et sans que cela fasse obstacle à ce que la requérante adresse une demande en ce sens à la commune, ou qu’elle forme une plainte auprès du procureur de la République, la requête de Mme C..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C....

Fait à Lyon, le 12 janvier 2026.



Le président de la 2ème chambre,




T. Besse



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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