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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514249

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514249

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514249
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLUCE BRUNO

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de Mme D... dirigée contre un permis de construire délivré par le maire de Bourg-Saint-Andéol. La requête a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'a pas respecté l'obligation de notification prévue à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Mme D... a notifié son recours à la commune et au titulaire du permis le 5 janvier 2026, soit après l'expiration du délai de quinze jours francs suivant le dépôt de sa requête. En conséquence, le tribunal a prononcé le rejet de l'ensemble des conclusions de la demande.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 novembre 2025, Mme C... D..., représentée par Me Luce, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté en date du 5 mai 2025 par lequel le maire de Bourg-Saint-Andéol a accordé un permis de construire à M. A... B... en vue de la surélévation d’un bâtiment ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bourg-Saint-Andéol la somme de 5 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un courrier du 23 décembre 2025, Mme D... a été invitée à régulariser sa requête, dans un délai de quinze jours, au regard des dispositions de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme.

Mme D... a produit des pièces, enregistrées le 7 janvier 2026.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 ou la charge des dépens ; / (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 du même code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7. »

2. Aux termes de R. 600-1 du code de l’urbanisme : « En cas (…) de recours contentieux à l'encontre (…) d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, (…) l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. (…) / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt (…) du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. / (…) ».

3. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme que les requérants qui forment un recours contentieux à l’encontre d’un permis de construire doivent notifier une copie intégrale du recours ou une lettre qui reprend intégralement l’exposé des faits, moyens et conclusions de ce recours, à l'auteur de la décision ainsi qu’au titulaire de l'autorisation d’urbanisme dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt de la requête. Il appartient au juge, au besoin d’office, de rejeter le recours comme irrecevable, lorsque son auteur, après y avoir été invité par lui, n’a pas justifié de l’accomplissement des formalités requises par les dispositions précitées de l’article R. 600-1 du code de l’urbanisme par la production de ces documents ou de documents présentant des garanties équivalentes.

4. Suite à la demande de régularisation en date du 23 décembre 2025, Mme D... a produit les courriers de notification de son recours contentieux qu’elle a adressés à la commune de Bourg-Saint-Andéol et à M. B... le 5 janvier 2026, soit postérieurement au délai de quinze jours à compter du dépôt de la requête fixé par les dispositions de l’article R. 600-1 du code de justice administrative. Dans ces conditions, cette notification n’est pas régulière. Par suite, la requête de Mme D..., qui est manifestement irrecevable, doit être rejetée en toutes ses conclusions par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme D... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... D....

Copie en sera adressée à la commune de Bourg-Saint-Andéol et à M. A... B....






Fait à Lyon, le 12 janvier 2026.

Le président de la 2ème chambre,




T. Besse



La République mande et ordonne au préfet de l’Ardèche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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