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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514338

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514338

mardi 13 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514338
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL COTESSAT-BUISSON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a rejeté la requête de M. B... dirigée contre la décision de la préfète du Rhône du 22 septembre 2025 classant sans suite sa demande de naturalisation pour incomplétude. Le tribunal a jugé que cet avis de classement, fondé sur l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, ne constitue pas une décision faisant grief et n’est donc pas susceptible de recours pour excès de pouvoir. En l’espèce, M. B... ne s’étant pas présenté à la convocation préfectorale, il n’a pas contesté utilement le motif d’incomplétude. La requête a été rejetée comme manifestement irrecevable en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

La présidente de la 5ème chambreVu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 novembre 2025, M. A... B..., représenté par la selarl cabinet Cotessat-Buisson demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 22 septembre 2025 par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation au motif de son incomplétude ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de faire droit à sa demande de naturalisation dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 500 euros, à lui verser, au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

D’une part, aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) 7° Rejeter, après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé ».

D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

Il ressort des termes même de l’avis de classement sans suite contesté que la demande de naturalisation formulée par M. B... était incomplète, dès lors que le requérant ne s’est pas présenté à la convocation du 18 septembre 2025 qui avait notamment pour objet l’évaluation de son niveau de langue française, outre la remise de divers documents. M. B..., qui reconnaît ne pas s’être présenté à la convocation fixée, se borne à indiquer qu’il a informé la préfecture, la veille par message électronique, qu’il était inutile qu’il vienne car il ne disposait pas de tous les documents notamment fiscaux qui lui étaient demandés, et qu’il a sollicité à cette occasion un report de la date de la convocation. Toutefois une telle demande ne l’exonérait pas de se rendre à cette convocation, alors qu’elle avait plusieurs objets et que, en tout état de cause, il n’avait pas reçu de confirmation expresse du report de son rendez-vous. Dès lors, il ne conteste utilement ni le caractère incomplet de son dossier, ni le motif d’incomplétude qui lui a été opposé. Dans ces conditions, l’avis de classement sans suite contesté n’a pas le caractère d’une décision faisant grief, et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.

Il résulte de ce qui précède que la requête, dirigée contre un acte non décisoire, est entachée d’une irrecevabilité non susceptible d’être couverte en cours d’instance, et doit être rejetée.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....



Fait à Lyon, le 13 janvier 2026



La présidente de la 5ème chambre,




A-S. Bour


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier,

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