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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514409

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514409

lundi 1 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514409
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLEVEQUE CAMILLE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme C..., qui contestait le rejet implicite de sa demande de titre de séjour. La requérante avait uniquement sollicité un rendez-vous en ligne, sans déposer une demande de titre au sens de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence de la préfète n'a donc pas fait naître de décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. L'ordonnance, fondée sur le 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précise que la requérante peut saisir le juge des référés pour obtenir une date de rendez-vous.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 novembre 2025, Mme D... A... épouse C..., représentée par Me Leveque, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle la préfète du Rhône a rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 8 novembre 2024 ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour mention « vie privée et familiale » dans un délai d’un mois à compter de la notification du jugement, ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans un délai de quinze jours en lui délivrant dans l’attente une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 431-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Les conditions dans lesquelles les demandes de titres de séjour sont déposées auprès de l’autorité administrative compétente sont fixées par voie réglementaire ». Selon l’article R. 431-3 du même code : « La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l’article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu’il détermine soient adressées par voie postale ». Enfin, aux termes de l’article R. 432-1 du même code : « Le silence gardé par l’autorité administrative sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet. »

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme C... a déposé, via la plateforme en ligne « démarches-simplifiées » le 8 novembre 2024, une demande de rendez-vous en vue du renouvellement de son titre de séjour. Si l’intéressée démontre ainsi qu’elle a engagé la procédure en vue de se voir fixer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre en préfecture, elle ne saurait attester du dépôt d’une demande de titre au sens de l’article R. 431-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile précité, seul à même de déclencher le délai de quatre mois prévu par l’article R. 432-1 du même code. Il s’ensuit que le silence de la préfète faisant suite au dépôt du 8 novembre 2024 n’a pas fait naître une décision de rejet d’une demande de titre de séjour, susceptible de recours contentieux.

4. Dans ces conditions, et sans que cela fasse obstacle à ce que la requérante, si elle s’y croit fondée, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète de lui communiquer une telle date de rendez-vous, la requête de Mme C..., qui est dirigée contre une décision matériellement inexistante, est manifestement irrecevable et doit être rejetée par application des dispositions du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... épouse C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... épouse C....

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 1er décembre 2025.



Le président de la 2ème chambre,




T. Besse



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


Pour expédition,
Un greffier

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