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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514444

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514444

mardi 9 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514444
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDEME

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B... qui demandait une injonction à la préfète du Rhône de lui délivrer une convocation pour déposer une demande de titre de séjour étudiant. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas établie et que la mesure demandée n'était pas utile, car le requérant n'avait pas utilisé le téléservice obligatoire prévu à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'absence de preuve d'une impossibilité d'utiliser ce service, la requête a été jugée manifestement mal fondée et rejetée en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 18 novembre 2025, M. B..., représenté par Me Deme, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une convocation à bref délai, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 200 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors qu’il lui est nécessaire de justifier de la régularité de son séjour pour postuler en Master alors qu’il a sollicité un rendez-vous via la plateforme « démarches simplifiés » il y a plus d’un an et n’a toujours pas été convoqué ;
- remplissant les conditions pour se voir délivrer un titre en qualité d’étudiant, la mesure demandée est utile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision ». Aux termes de l’article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ».

Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l’urgence justifie, notamment sous forme d’injonctions adressées à l’administration, à la condition que ces mesures soient utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l’article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l’exécution d’une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu’il ne s’agisse de prévenir un péril grave.

Aux termes du premier alinéa de l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « La demande d’un titre de séjour figurant sur une liste fixée par arrêté du ministre chargé de l’immigration s’effectue eu moyen d’un téléservice à compter de la date fixée par le même arrêté ». Aux termes de l’arrêté du 27 avril 2021 pris en application de ces dispositions : « Sont effectuées au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : 1° A compter du 1er mai 2021, les demandes de cartes de séjour temporaires portant la mention “étudiant” (…) mentionnées aux articles L. 422-1 et L. 422-5 du même code (…) ». Aux termes de l’article R. 431-15-1 de ce même code : « Le dépôt d’une demande présentée au moyen du téléservice mentionné à l’article R. 431-2 donne lieu à la délivrance immédiate d’une attestation dématérialisée de dépôt en ligne. Ce document ne justifie pas de la régularité du séjour de son titulaire. (…) ».

M. B... ne justifie ni de l’urgence ni de l’utilité de la mesure tendant à lui proposer un rendez-vous pour déposer sa demande de titre de séjour en qualité d’étudiant, en se bornant à faire valoir une attestation de dépôt via la plateforme « démarches simplifiées » datée du 14 octobre 2024, dès lors qu’il résulte des dispositions précitées qu’il lui appartenait d’effectuer sa demande de titre via le téléservice dit A.... En l’absence de tout élément permettant d’établir qu’il ne peut déposer sa demande via celui-ci malgré le recours au dispositif d’accueil et d’accompagnement dans les conditions prévues par l’arrêté du 1er août 2023 pris pour l’application de l’article R. 431-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers, la requête de M. B... doit être rejetée par application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....


Fait à Lyon, le 9 décembre 2025.


Le juge des référés,





R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier


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