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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514588

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514588

jeudi 11 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514588
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEYER

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision du CNAPS refusant la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité privée à M. B... Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés (incompétence, inexactitude matérielle des faits, absence de condamnation pénale, disproportion) n'était propre à créer un doute sérieux sur la légalité du refus, sans qu'il soit nécessaire d'examiner la condition d'urgence. La décision se fonde notamment sur les dispositions de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 novembre 2025, M. B..., représenté par Me Beyer, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision du 5 septembre 2025 par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de lui délivrer une carte professionnelle d’agent de sécurité privée ;

2°) d’enjoindre au directeur du CNAPS de lui délivrer provisoirement une autorisation préalable, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que la décision l’empêche d’exercer une activité professionnelle dans le secteur de la sécurité privée alors qu’il bénéficie d’une promesse d’embauche et qu’il doit faire face à ses charges ;
- sont propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision les moyens tirés de l’incompétence, l’inexactitude matérielle des faits reprochés, l’absence de condamnation pénale et la « disproportion de la sanction ».

Par un mémoire, enregistré le 2 décembre 2025, le CNAPS conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :
- la condition d’urgence n’est pas remplie dès lors que la décision ne modifie pas sa situation, l’intéressé n’exerçant jusque-là aucune activité de sécurité privée ; le requérant ne peut se prévaloir des conséquences qu’emportent le refus puisque cela remettrait en cause le pouvoir de régulation qui lui est dévolu ;
- aucun des moyens invoqués n’est propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2514592 par laquelle M. B... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Après avoir, au cours de l’audience publique tenue en présence de M. C... en qualité de greffier, présenté son rapport et entendu les observations de Me Beyer pour M. B..., le CNAPS n’étant ni présent, ni représenté.

La clôture de l’instruction a été prononcée à l’issue de l’audience.

Considérant ce qui suit :

Aux termes l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ».

Aux termes de l’article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure, nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité privée de sécurité « (…) / 2° S’il résulte de l’enquête administrative (…) que son comportement ou ses agissements sont contraires à l’honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l’Etat et sont incompatibles avec l’exercice des fonctions susmentionnées ; / (…) ».

En l’état de l’instruction, aucun des moyens soulevés par M. B... n’est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Il résulte de ce qui précède que la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur l’urgence.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... et au conseil national des activités privées de sécurité.


Fait à Lyon, le 11 décembre 2025.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier

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