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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2514785

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2514785

mercredi 10 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2514785
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFRANK

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension de la décision « 48SI » du 27 mars 2023 invalidant le permis de conduire de M. A... pour solde de points nul. Le juge estime que la condition d’urgence prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie, en raison du délai de plusieurs mois écoulé entre la notification de la décision et l’introduction du recours, et de l’absence de justifications suffisantes sur la situation actuelle du requérant. La requête est donc rejetée sans instruction ni audience, sur le fondement de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 novembre 2025, M. A..., représenté par Me Frank, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l’exécution de la décision dite « 48SI » du 27 mars 2023 par laquelle le ministre de l’intérieur a prononcé l’invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer aux services préfectoraux.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2514784 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d’un acte administratif, d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l’ensemble des circonstances de l’affaire.

Pour soutenir qu’il y a urgence à suspendre l’exécution de la décision en litige, M. A... fait valoir qu’un permis de conduire lui est nécessaire pour retrouver un emploi et qu’il n’a commis aucune infraction grave au code de la route. Toutefois, il ressort des pièces qu’il produit, en particulier le relevé intégral d’information, qu’il a reçu notification de la décision contestée le 5 avril 2023 et que le permis conduire lui a été effective retiré le 17 février 2025. Compte tenu du délai de plusieurs mois qu’il a mis pour introduire le présent recours et en l’absence de toute explication concernant celui-ci ou pièce permettant d’apprécier ses conditions d’existence exactes depuis le retrait de son permis, il n’est pas justifié, en tout état de cause, d’une atteinte grave et immédiate à la situation de M. A... qui est seule susceptible de caractériser une situation d’urgence au sens des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, la requête de M. A... doit être rejetée en application de la procédure prévue par l’article L. 522-3 de ce code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A....

Fait à Lyon, le 10 décembre 2025.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier.

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