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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2515099

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2515099

vendredi 20 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2515099
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon rejette une requête en excès de pouvoir dirigée contre le classement sans suite d'une demande de naturalisation pour incomplétude. La juridiction estime que cet avis de classement, intervenu après une mise en demeure de produire un acte de naissance restée sans réponse dans les délais, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours. Elle fonde sa solution sur les articles 40 et 35 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 et sur l'arrêté du 3 février 2023, qui prévoient la notification dématérialisée et le classement sans suite en cas de dossier incomplet.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er décembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 1er décembre 2025, par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation au motif de son incomplétude ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de réactiver son dossier et de lui accorder un délai pour la transmission des pièces complémentaires.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.



Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ; ».

2. D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

3. Enfin, aux termes du dernier alinéa de l’article 35 du décret du 30 décembre 1993 : « Lorsque la demande a été déposée au moyen de l'application informatique mentionnée au premier alinéa [c’est-à-dire au moyen de « l'application informatique dédiée accessible par le réseau Internet »], les notifications adressées au demandeur se font au moyen de celui-ci dans des conditions précisées par un arrêté du ministre chargé des naturalisations », et aux termes du dernier alinéa de l’article 3 de l’arrêté du 3 février 2023 : « Tout message sur l'espace personnel de l'usager est réputé lui être notifié à la date de sa première consultation, certifiée par l'accusé de lecture délivré par l'application. A défaut d'une telle consultation dans le délai de quinze jours calendaires suivant sa date de mise à disposition sur l'espace personnel, ce message ainsi que, le cas échéant, le fichier joint, sont réputés notifiés à cette dernière date, à l'issue de ce délai ».

4. Il ressort des termes même de l’avis de classement sans suite contesté que la demande de naturalisation formulée par Mme A... était incomplète, malgré la demande de pièces formulée par la préfecture le 7 juillet 2025 pour compléter l’instruction, en l’absence de production de l’acte de naissance EC7 accompagné de sa traduction en français. Si Mme A... soutient qu’elle n’a pris connaissance de ce courrier de demande de pièces qu’en consultant son espace personnel sur l’application informatique dédiée le 28 novembre 2025, il ressort de la copie d’écran qu’elle produit elle-même que ce courrier a été mis à sa disposition sur cet espace personnel le 12 août 2025. Par suite, en l’absence de consultation dans les quinze jours suivant cette mise à disposition, et en application des dispositions précitées de l’arrêté du 3 février 2023, ce courrier est réputé lui avoir été notifié à cette dernière date. Alors que Mme A... ne conteste, ni le caractère incomplet de son dossier à la date de la décision contestée, ni le motif d’incomplétude qui lui a été opposé, l’avis de classement sans suite contesté n’a pas le caractère d’une décision faisant grief et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête, dirigée contre un acte non décisoire, est entachée d’une irrecevabilité non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doit être rejetée.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....






Fait à Lyon le 20 février 2026.



La présidente de la 5ème chambre,





A-S. Bour



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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