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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2515142

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2515142

vendredi 12 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2515142
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSTADLER

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension du refus implicite de titre de séjour opposé à Mme B..., ressortissante camerounaise épouse d’un Français. La requérante invoquait l’urgence liée à sa précarité et à son inquiétude de ne pouvoir vivre avec son conjoint, mais le juge a estimé qu’elle n’apportait pas de précisions suffisantes sur sa situation familiale pour caractériser une urgence justifiant une intervention à bref délai. En application des articles L. 521-1 et L. 522-3 du code de justice administrative, la condition d’urgence n’étant pas remplie, la requête a été rejetée, ainsi que les conclusions accessoires.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 3 décembre 2025, Mme C... A..., épouse B..., représentée par Me Stadler, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour ;


2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa demande et, dans l’attente, de la munir d’une autorisation provisoire de séjour l’autorisant à travailler, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’État le paiement d’une somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Elle soutient que :
- l’urgence est constituée ; elle se trouve en effet en situation de précarité et dans l’inquiétude de ne pouvoir séjourner aux côtés de son conjoint français, alors qu’elle est susceptible de bénéficier de plein droit d’un titre de séjour en qualité d’épouse d’un ressortissant français ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 3 décembre 2025 sous le n° 2515140, par laquelle Mme B... demande au tribunal d’annuler la décision dont elle demande la suspension dans la présente requête.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier si la condition d'urgence est remplie compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe satisfaite dans le cas d'un refus de renouvellement ou d’un retrait du titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Mme A..., ressortissante camerounaise née le 7 septembre 1963, est arrivée en France le 16 avril 2024 et a épousé à Lyon, le 26 avril 2024, un ressortissant français, M. B.... Elle a déposé le 31 octobre 2024 une demande de titre de séjour sur le site de l’ANEF (administration numérique pour les étrangers en France), laquelle demande a été implicitement rejetée. Pour caractériser l’existence d’une situation d’urgence, Mme B... fait valoir qu’elle se trouve en situation de précarité et dans l’inquiétude de ne pouvoir séjourner aux côtés de son conjoint français, alors qu’elle est susceptible de bénéficier de plein droit d’un titre de séjour en qualité d’épouse d’un ressortissant français. Toutefois, alors que la requérante n’apporte aucune précision particulière sur la situation de son foyer, ces seules circonstances ne sont pas de nature à permettre d’établir qu’il existe en l’espèce une situation d’urgence imposant l’intervention, à bref délai, du juge des référés statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 précité du code de justice administrative.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin de suspension d’exécution présentées par la requérante doivent être rejetées par application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et d’astreinte et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C... A..., épouse B....



Fait à Lyon le 12 décembre 2025.





Le juge des référés






J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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