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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2515175

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2515175

mardi 17 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2515175
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon rejette la requête en excès de pouvoir dirigée contre le classement sans suite d'une demande de naturalisation pour incomplétude. La juridiction estime que l'avis de classement sans suite, motivé par le défaut de production d'une attestation de niveau de langue ou d'un certificat médical de dispense régulier, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'un recours. Elle fonde sa solution sur les articles 40 et 14-1 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993, ainsi que sur l'article R. 222-1 du code de justice administrative relatif aux requêtes manifestement irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 novembre 2025, Mme B... A... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 30 septembre 2025, par laquelle la préfète du Rhône a classé sans suite sa demande de naturalisation au motif de son incomplétude ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de réexaminer sa demande.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- l’arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française ;
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. D’une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser (…) ».

2. D’autre part, aux termes de l’article 40 du décret susvisé du 30 décembre 1993 : « L'autorité qui a reçu la demande ou le ministre chargé des naturalisations peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation ou de réintégration, mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ». Il résulte de ce texte que le défaut de production de pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Dans le cas où le dossier présenté est incomplet, le courrier de classement sans suite de la demande d’acquisition de nationalité ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.

3. Enfin, aux termes de l’article 14-1 de ce même décret : « Pour souscrire la déclaration prévue à l'article 21-2 du code civil, le déclarant fournit : (…) 10° Un diplôme ou une attestation, délivrée depuis moins de deux ans, justifiant d'un niveau de langue égal ou supérieur à celui exigé en application de l'article 14 et délivré dans les conditions définies par cet article. Sont toutefois dispensées de la production de ce diplôme ou de cette attestation : (…) b) Les personnes dont le handicap ou l'état de santé déficient chronique rend impossible leur évaluation linguistique. La nécessité de bénéficier d'aménagements d'épreuves ou, à défaut l'impossibilité de se soumettre à une évaluation linguistique est justifiée par la production d'un certificat médical dont le modèle est fixé par arrêté conjoint du ministre des affaires étrangères, du ministre chargé des naturalisations et du ministre de la santé ».

4. Il ressort des termes même de l’avis de classement sans suite contesté que la demande de naturalisation formulée par Mme A... était incomplète, malgré la demande de pièce formulée par la préfecture le 16 juillet 2025 pour compléter l’instruction, en l’absence de production du test de langue ou diplôme attestant du niveau de langue B1 oral et écrit minimum. Mme A..., qui ne conteste pas avoir reçu cette demande de pièce complémentaire, se borne à soutenir qu’elle disposait d’une dispense médicale, et produit deux documents médicaux établis par son médecin généraliste le 12 septembre 2025, constitués d’une part d’un certificat médical, faisant simplement état de son suivi médical pour ses multiples comorbidités sans évoquer de difficultés ou impossibilité à effectuer une évaluation linguistique, et d’autre part d’un certificat d’aménagement d’épreuves relatif à l’évaluation linguistique, ne répondant pas aux conditions formelles prescrites par les dispositions précitées, et ne permettant pas d’expliquer l’absence de réalisation d’une telle évaluation. Ce faisant, la requérante ne conteste utilement, ni le caractère incomplet de son dossier, ni le motif d’incomplétude qui lui a été opposé. Dans ces conditions, l’avis de classement sans suite contesté n’a pas le caractère d’une décision faisant grief et n’est pas susceptible d’être déféré au juge de l’excès de pouvoir.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête, dirigée contre un acte non décisoire, est entachée d’une irrecevabilité non susceptible d’être couverte en cours d’instance et doit être rejetée.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....





Fait à Lyon, le 17 février 2026


La présidente de la 5ème chambre,



A-S. Bour

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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