Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., ressortissant laotien bénéficiaire du statut de réfugié. Ce dernier demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Rhône d'enregistrer ses demandes de renouvellement de titre de séjour et de titre de voyage, et de lui délivrer les récépissés correspondants. Le juge a estimé que les demandes d'enregistrement étaient sans objet car déjà effectuées, et que les demandes de récépissé se heurtaient à l'existence de décisions implicites de rejet nées du silence de l'administration, en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue est le rejet de l'intégralité de la requête.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2025, M. A... B... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre à la préfète du Rhône :
d’enregistrer sa demande de titre de séjour et sa demande de titre de voyage ;
de lui délivrer les récépissés correspondants dans un délai de sept jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir.
Il soutient que :
– bénéficiaire du statut de réfugié, il a déposé une demande de renouvellement de son titre de séjour le 6 novembre 2024, puis une demande de renouvellement de son titre de voyage le 3 février 2025, demeurées sans réponse ;
– l’urgence est caractérisée dès lors qu’il est placé dans une situation administrative précaire, son dernier récépissé ayant expiré le 5 mai 2025 ; il ne peut pas justifier de la régularité de son séjour, ni bénéficier de ses droits sociaux et professionnels, ni voyager ;
– les mesures sollicitées ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
– le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
– le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Dèche, présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. (...) ». L’article L. 522-3 du même code autorise le juge des référés à rejeter, par une ordonnance motivée, une requête sans audience et sans mener de procédure contradictoire lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
Il résulte des dispositions combinées des articles L. 511-1 et L. 521-3 du code de justice administrative que, saisi sur le fondement de cette dernière disposition d’une demande qui n’est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire toutes mesures ayant un caractère provisoire ou conservatoire, à condition que ces mesures soient utiles, justifiées par l’urgence, ne fassent obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B..., ressortissant laotien né le 12 juin 1978, a déposé via le téléservice de l’administration numérique des étrangers en France (ANEF) une demande de titre de séjour le 6 novembre 2024, puis une demande de titre de voyage le 3 février 2025 comme en attestent l’attestation de prolongation d'instruction et la confirmation de dépôt produites. Ses deux demandes ayant ainsi fait l’objet d’un enregistrement, les conclusions du requérant tendant à ce qu’il soit enjoint à la préfète du Rhône de procéder à un tel enregistrement sont sans objet et doivent, par suite, être rejetées.
En deuxième lieu, en vertu des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le silence gardé pendant quatre mois par l’administration sur les demandes de titre de séjour vaut décision implicite de rejet.
En l’espèce, la demande de titre de séjour présentée le 6 novembre 2024 par M. B... a été implicitement rejetée à l’issue d’un délai de quatre mois, en application des dispositions citées au point précédent. Cette décision de rejet, qui a nécessairement mis fin à la phase d’instruction de la demande de titre, exclut que l’intéressé puisse se prévaloir d’un droit à obtenir la délivrance, selon les cas, du récépissé prévu par l’article R. 431-12 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ou de l’attestation de prolongation de l’instruction prévue par l’article R. 431-15-1 du même code. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce qu’il soit enjoint à la préfète du Rhône de lui délivrer un récépissé ne peuvent en conséquence qu’être rejetées.
En dernier lieu, à supposer que le requérant ait entendu demander au juge des référés d’enjoindre à la préfète du Rhône de statuer sur sa demande de titre de voyage déposée le 3 février 2025, une décision implicite de rejet de cette demande est nécessairement intervenue au terme d’un délai de deux mois. Dans ces conditions, une telle demande a pour effet de faire obstacle à l’exécution de cette décision implicite de rejet et doit, par suite être rejetée.
Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... droit être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Lyon, le 14 janvier 2026.
La juge des référés,
P. Dèche
La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière