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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2600106

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2600106

jeudi 15 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2600106
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Saisine du juge des référés du Tribunal Administratif de Lyon sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, M. B... demande la suspension d’une saisie administrative à tiers détenteur (SATD) émise par le service des impôts. Le juge rejette la requête comme irrecevable, estimant que la SATD, notifiée avant l’introduction du recours, avait déjà produit son effet d’attribution immédiate au profit de l’État, privant ainsi la demande de suspension d’objet. Il relève en outre que les moyens invoqués par le requérant (bonne foi, difficultés de paiement) ne relèvent pas de la compétence du juge administratif, mais du juge judiciaire de l’exécution, conformément à l’article L. 281 du livre des procédures fiscales.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 janvier 2026, M. A... B... demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la saisie administrative à tiers détenteur émise le 10 novembre 2025 à son encontre par le service des impôts de Lyon ;


2°) d’ordonner la mainlevée immédiate des sommes bloquées sur la plateforme Malt ;

3°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa demande tendant à ce que lui soit proposé un échéancier de paiement.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête, enregistrée le 23 décembre 2025 sous le n° 2516080, par laquelle M. B... demande au tribunal d’annuler la décision dont il demande la suspension dans la présente requête.

Vu :
- le code des procédures civile d’exécution ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Aux termes de l’article L. 281 du livre des procédures fiscales : « Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances, amendes, condamnations pécuniaires et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. / (…) Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance. Elles peuvent porter : / 1° Sur la régularité en la forme de l'acte ; / 2° A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée. / Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés dans le cas prévu au 1° devant le juge de l'exécution. Dans les cas prévus au 2°, ils sont portés : / a) Pour les créances fiscales, devant le juge de l'impôt prévu à l'article L. 199 ; / (…) ».

Aux termes de l’article L. 262 du livre des procédures fiscales : « 1. Les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables (…) / L'avis de saisie administrative à tiers détenteur est notifié au redevable et au tiers détenteur. (…). / La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. Les articles L. 162-1 et L. 162-2 du même code sont applicables. (…). / La saisie administrative à tiers détenteur a pour effet d'affecter, dès sa réception, les fonds dont le versement est ainsi demandé au paiement des sommes dues par le redevable, quelle que soit la date à laquelle les créances même conditionnelles ou à terme que le redevable possède à l'encontre du tiers saisi deviennent effectivement exigibles. / (…) ». Selon l’article L. 211-2 du code des procédures civiles d’exécution : « L'acte de saisie emporte, à concurrence des sommes pour lesquelles elle est pratiquée, attribution immédiate au profit du saisissant de la créance saisie, disponible entre les mains du tiers ainsi que de tous ses accessoires. Il rend le tiers personnellement débiteur des causes de la saisie dans la limite de son obligation. / (…) ».

Il résulte de ces dernières dispositions que l’effet d’un avis à tiers détenteur, qui est le transfert à l’Etat de la propriété de la créance du contribuable, s’exerce et s’épuise dès sa notification au tiers détenteur, quelles que soient les conditions dans lesquelles les sommes détenues par le tiers sont ensuite effectivement versées.

La plateforme Malt a reçu, avant l’introduction de la demande de suspension, la notification de l’avis à tiers détenteur qui a été émis à l’encontre du requérant. Dans ces conditions, eu égard à l’effet d’attribution qui s’y attache en vertu de l’article L. 262 du livre des procédures fiscales, cet avis à tiers détenteur avait produit tous ses effets à la date de dépôt de la requête en référé. Les conclusions a fin de suspension, qui n’ont aucun objet, sont dès lors irrecevables.

En outre, alors que le juge judiciaire est le juge de l’exécution et que, devant le juge administratif, la contestation ne peut porter que sur l'obligation au paiement, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués et sur l'exigibilité de la somme réclamée, M. B... se borne à invoquer sa bonne foi et le fait qu’il ne peut assumer l’échéancier de paiement proposé, ce qui est sans rapport avec l'obligation au paiement, le montant de la dette ou l'exigibilité de la somme réclamée.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension d’exécution présentées par M. B... doivent être rejetées selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....



Fait à Lyon le 15 janvier 2026.





Le juge des référés






J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la ministre de l’action et des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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