Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., réfugié reconnu, qui demandait qu'il soit enjoint à l'OFPRA de lui délivrer un acte de naissance. Le juge a estimé que l'urgence et l'utilité de la mesure n'étaient pas établies, dès lors que l'intéressé n'avait pas démontré l'impossibilité de renouveler sa demande d'état civil avec les documents requis. La solution retenue est le rejet de la requête, sans qu'il soit besoin d'examiner le fond du litige.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 janvier 2026, M. B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, d’enjoindre au directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) de procéder à l’établissement et à la délivrance de son acte de naissance, dans un très bref délai, ou à défaut de statuer sur sa demande d’état civil.
Il soutient que :
- la condition d’urgence est remplie dès lors que l’absence d’acte d’état civil bloque ses démarches administratives, et occasionne la suspension de ses « droits sociaux auprès de la CPAM » ;
- la mesure sollicitée est utile, nécessaire et proportionnée.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative ». Saisi sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative d’une demande qui n’est manifestement pas insusceptible de se rattacher à un litige relevant de sa compétence, le juge des référés peut prescrire toutes mesures que l’urgence justifie à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
2. M. B... a été reconnu comme ayant la qualité de réfugié par une décision rendue le 22 mai 2025. Il a été invité, par un courriel du 5 janvier 2026 l’informant du non-aboutissement de sa demande d’acte d’état civil, à vérifier les informations transmises à cet organisme et à renouveler sa demande. Il n’établit pas l’utilité, ni même l’urgence des mesures demandées en se bornant à faire valoir qu’il a sollicité depuis plusieurs mois l’établissement d’un acte d’état civil auprès de l’OFPRA, sans établir l’impossibilité de présenter une nouvelle demande comportant les renseignements et documents nécessaires qui ont été listés à l’annexe 1 du courrier daté du 30 mai 2025 qu’il produit. Par suite, sa requête ne peut qu’être rejetée en toutes ses conclusions, en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B....
Fait à Lyon le 27 janvier 2026.
Le juge des référés,
R. Reymond-Kellal
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier