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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2600493

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2600493

lundi 9 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2600493
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMOREL

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a enjoint à la préfète du Rhône de fixer un rendez-vous à une ressortissante comorienne pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dans un délai de quinze jours. Le juge a estimé que l'absence de convocation depuis sa demande initiale en août 2023 constituait un délai anormal, satisfaisant ainsi à la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-3 du code de justice administrative. Il a également alloué à la requérante une somme de 500 euros au titre des frais exposés, tout en rejetant sa demande d'astreinte.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 15 janvier 2026, Mme B... A..., représentée par Me Morel, demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui fixer un rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour dans un délai de sept jours passé la notification de l’ordonnance à intervenir, le rendez-vous devant intervenir dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
- la condition d’urgence est remplie, dès lors qu’elle a sollicité la délivrance d’un titre de séjour le 10 août 2023, et qu’elle n’a pas obtenu de rendez-vous, malgré plusieurs relances ;
- la mesure est utile et doit lui permettre de déposer sa demande de titre de séjour ; elle ne fait pas obstacle à l’exécution d’une décision administrative.

La requête a été communiquée à la préfète du Rhône, qui n’a pas produit à l’instance.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative ;

Vu la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Bertolo, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d’urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l’absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative. ».
2. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucun principe ne fixe de délai déterminé dans lequel l’autorité administrative serait tenue de recevoir un étranger ayant demandé à se présenter en préfecture pour y déposer sa demande de titre de séjour. Toutefois, eu égard aux conséquences qu’a sur la situation de l’étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l’enregistrement de sa demande, et au droit qu’il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l’autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l’enregistrement de sa demande dans un délai raisonnable.
3. Il résulte de l’instruction que M. A..., ressortissante comorienne née le 6 juillet 1985, est entrée sur le territoire français le 15 octobre 2015. Elle a sollicité le 10 août 2023 la délivrance d’un titre de séjour sur la plateforme « démarches-simplifiées », et a obtenu une attestation de dépôt. En dépit de plusieurs relances effectuées auprès de la préfecture du Rhône, aucune date de convocation ne lui a été proposée. Par suite, eu égard au délai anormalement long d’attente de Mme A..., la condition d’urgence requise par les dispositions précitées de l’article L. 521-3 du code de justice administrative est remplie.
4. Eu égard à l’utilité de la mesure demandée, et alors que la demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse ni à aucune décision préalable, il y a lieu d’enjoindre à la préfète du Rhône de fixer un rendez‑vous à Mme A... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, afin qu’elle puisse faire enregistrer sa demande de titre de séjour. Il n’y a en revanche pas lieu, dans les circonstances de l’espèce, de faire droit à ses conclusions tendant au prononcé d’une astreinte.
5. Dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’État la somme de 500 euros à verser à Mme A... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.


ORDONNE :


Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Rhône de communiquer à Mme A... dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une date de rendez-vous en vue du dépôt de sa demande de titre de séjour.

Article 2 : L’État versera la somme de 500 euros à Mme A... au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 9 février 2026.


Le juge des référés,




C. Bertolo



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,

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