LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2600853

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2600853

mardi 3 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2600853
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationELOIGNEMENT
Avocat requérantROMANET DUTEIL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lyon a examiné deux recours en excès de pouvoir contre des arrêtés préfectoraux ordonnant la remise de ressortissants afghans aux autorités croates au titre du règlement Dublin. Le tribunal a rejeté les requêtes, estimant que la préfète n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en refusant d'utiliser la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 pour examiner elle-même les demandes d'asile. La juridiction a jugé que les éléments avancés (risques d'incarcération, antécédents de violences, situation médicale d'un enfant et présence de famille en France/Suisse) ne démontraient pas, en l'espèce, une méconnaissance des obligations découlant de la Convention de Genève ou de la Convention EDH.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête n° 2600853, enregistrée le 22 janvier 2026, Mme A... E... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2026 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités croates, responsables de l’examen de sa demande d’asile.

Elle soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 janvier 2026 et le 30 janvier 2026, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme E... ne sont pas fondés.


II. Par une requête n° 2600854, enregistrée le 22 janvier 2026, M. D... B... demande au tribunal d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2026 par lequel la préfète du Rhône a décidé sa remise aux autorités croates, responsables de l’examen de sa demande d’asile.

Il soutient que la décision attaquée est entachée d’une erreur d’appréciation de sa situation.


Par un mémoire en défense, enregistré le 29 janvier 2026, la préfète du Rhône conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le règlement (UE) n° 603/2013 du 26 juin 2013 ;
- la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a délégué les pouvoirs qui lui sont attribués par l’article L. 922‑2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile à Mme Boulay, première conseillère.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.


Au cours de l'audience publique du 30 janvier 2026, Mme Boulay a présenté son rapport et entendu :
- les observations de Me Romanet Duteil, avocate de Mme E... et de M. B..., qui a repris le moyen soulevé dans les requêtes et soutenu en outre que les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 et sont entachés d’une erreur manifeste d’appréciation de la préfète du Rhône dans la mise en œuvre de son pouvoir discrétionnaire, dès lors que la situation des requérants justifie que la France examine leurs demandes d’asile, ceux-ci ayant été renvoyés à deux reprises vers la Croatie sans que leurs demandes d’asile n’y soient examinées et risquant d’être incarcérés en cas de renvoi dans ce pays ; ils ont en outre été victimes de violences policières et d’un défaut de prise en charge médicale en Croatie alors que leur fille est atteinte d’arthrite juvénile et nécessite des soins quotidiens et une injection hebdomadaire ne pouvant être interrompus, sachant que la délivrance de ces médicaments leur a été refusée en Croatie lors de leurs précédents transferts en dépit des dispositions des articles 31 et 32 du règlement (UE) n° 604/2013 prévoyant l’échange des données de santé, que son état nécessite une hospitalisation prochaine en vertu d’un certificat du 15 janvier 2026 ; enfin, les trois sœurs de Mme E... ont obtenu le statut de réfugié en France tandis que son frère est reconnu réfugié par les autorités suisses ;
- la préfète du Rhône n’était, ni présente, ni représentée.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.



Considérant ce qui suit :

Mme E... et M. B..., ressortissants afghans nés respectivement le 21 mai 1976 et le 27 juillet 1969, ont déclarés être entrés en France le 27 août 2025, accompagnés de leurs deux enfants mineurs, nés les 29 avril 2008 et 9 août 2010. Par deux arrêtés du 20 janvier 2026, dont ils demandent l’annulation, la préfète du Rhône a prononcé leur remise aux autorités croates, responsables de l’examen de sa demande d’asile.
Les requêtes enregistrées sous les n° 2600853 et 2600854 qui tendent à l’annulation de décisions du même jour, ayant le même objet et visant des personnes d’une même famille, présentent à juger des questions similaires et ont fait l’objet d’une instruction commune. Il y a, par suite, lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Aux termes de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : « 1. Par dérogation à l’article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / 2. L’État membre dans lequel une demande de protection internationale est présentée et qui procède à la détermination de l’État membre responsable, ou l’État membre responsable, peut à tout moment, avant qu’une première décision soit prise sur le fond, demander à un autre État membre de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment, sur des motifs familiaux ou culturels, même si cet autre État membre n’est pas responsable au titre des critères définis aux articles 8 à 11 et 16. (…) ». La faculté laissée à chaque Etat membre, par l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 précité, de décider d’examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d’asile.
Il ressort des pièces du dossier et des déclarations faites à l’audience que Mme E..., M. B... et leurs deux enfants sont entrés en France après un parcours migratoire les ayant conduits en Croatie où ils indiquent n’avoir pas souhaité déposer de demande d’asile, et où ils ont été réadmis à deux reprises, par les autorités allemandes, puis par les autorités suisses. Ils ont indiqué de manière circonstanciée à l’audience avoir été victimes de violences de la part des services de police croates, et privés des médicaments nécessaires à la prise en charge de la pathologie chronique de leur fille, en dépit de la nécessaire mise en œuvre du transfert des données de santé par les autorités allemandes et suisses, que prévoit les dispositions de l’article 32 du règlement (UE) n° 604/2013. En outre, il n’est pas contesté que depuis l’arrivée de la famille en France, sa fille C..., née le 29 avril 2008, fait l’objet d’une prise en charge médicale adaptée à son état de santé, étant atteinte d’une arthrite juvénile pour laquelle elle est traitée par une injection hebdomadaire ainsi que par la prise de médicaments quotidiens, et pour la prise en charge de laquelle une hospitalisation de jour est prévue le 6 février 2026 auprès de l’hôpital Edouard Herriot. Celle-ci est donc exposée à un risque de rupture de son traitement, préjudiciable à sa santé, en cas de transfert vers la Croatie. Par ailleurs, il est établi que les trois sœurs de Mme E..., originaires de la même ville que Mme E... et ayant vécu ensemble en Afghanistan, bénéficient du statut de réfugié en France. Ainsi, dans les circonstances particulières de l’espèce, en refusant de permettre à M. B... et Mme E... de déposer leurs demandes d’asile en France et en décidant de leur transfert vers la Croatie, la préfète du Rhône a commis une erreur manifeste dans l’appréciation de leur situation en refusant de leur accorder le bénéfice des dispositions dérogatoires du 1 de l’article 17 du règlement (UE) n° 604/2013. M. B... et Mme E... sont donc, sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de leurs requêtes, fondés à demander l’annulation des décisions du 20 janvier 2026 par lesquelles la préfète du Rhône a décidé de leur transfert aux autorités croates.


D E C I D E :



Article 1er : Les arrêtés de la préfète du Rhône du 20 janvier 2026 sont annulés.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... E..., à M. B... D... et à la préfète du Rhône.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 février 2026.




La magistrate désignée,

P. Boulay

La greffière,

L. Bon-Mardion


La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.



Pour expédition,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions