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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2601043

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2601043

lundi 23 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2601043
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIEYE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus implicite de titre de séjour. Le juge estime que le requérant, auteur d'une première demande, ne justifie pas de l'urgence requise par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Les circonstances invoquées ne caractérisent pas une atteinte grave et immédiate à sa situation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 janvier 2026, M. A..., représenté par Me Dieye, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l’exécution de la décision par laquelle la préfète du Rhône a implicitement refusé de lui délivrer un titre de séjour, en raison du silence gardé sur sa demande déposée le 3 septembre 2025 ;

2°) d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de réexaminer sa situation dans le même délai, en lui délivrant une autorisation provisoire dans un délai de 48 heures, sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l’État la somme de 1 500 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier et la requête enregistrée sous le n° 2601003 par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision en litige.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Reymond-Kellal, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

Aux termes l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ». Le premier alinéa de l’article R. 522-1 du même code précise que : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire. ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie.

L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d’une demande de suspension d’une décision refusant la délivrance d’un titre de séjour, d’apprécier et de motiver l’urgence compte tenu de l’incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l’intéressé. Cette condition d’urgence sera en principe constatée dans le cas d’un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d’ailleurs d’un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d’une mesure provisoire dans l’attente d’une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

Pour justifier de l’urgence, M. A..., ressortissant turc né en 2000, fait valoir qu’il ne peut effectuer aucune démarche administrative ni se déplacer en dehors du territoire et qu’il ne peut subvenir aux besoins de son épouse et son enfant de nationalité française, alors qu’il a bénéficié de promesses d’embauche. Il ajoute qu’il est placé dans une situation d’angoisse. S’agissant d’une première demande de titre de séjour, et sans indication quant aux conditions d’entrée ou d’existence jusqu’à ce qu’elle soit déposée, ces éléments ne suffisent pas à caractériser l’existence d’une situation particulière établissant que le refus en litige porte une atteinte grave et immédiate à sa situation ou aux intérêts qu’il entend défendre. Dès lors, la condition d’urgence exigée par les dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative n’est pas remplie. Par suite, la requête doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l’article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée M. A....


Fait à Lyon, le 23 février 2026.


Le juge des référés,




R. Reymond-Kellal

La République mande et ordonne à la préfète du Rhône en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier.

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