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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2601447

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2601447

jeudi 5 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2601447
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme A... qui demandait la réintégration de son allocation aux adultes handicapés (AAH). Le juge a estimé que le litige relève de la compétence exclusive du juge judiciaire, conformément aux articles L. 821-5 du code de la sécurité sociale et L. 241-9 du code de l'action sociale et des familles. La requête a donc été déclarée irrecevable pour incompétence de la juridiction administrative, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 février 2026, Mme B... A... demande au juge des référés, sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’administration compétente :
- de régulariser sa situation ;
- de mettre immédiatement en paiement les droits dont elle peut bénéficier, permettant de lui garantir des moyens d’existence suffisants ;
- à tout le moins, de procéder à toute mesure provisoire permettant d’assurer sa subsistance dans l’attente de la finalisation « de la procédure SASPA ».

Elle soutient que, depuis la suspension, le 9 septembre 2025, du bénéfice de l’allocation aux adultes handicapés, elle ne dispose d’aucune ressource ; étant isolée, elle se trouve ainsi dans une situation d’extrême précarité ; il existe une situation d’urgence absolue ; la suspension du versement de cette allocation ne pouvait intervenir sans que soit assurée la continuité de ses ressources ; l’administration a ainsi commis une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.



Considérant ce qui suit :

Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. » En vertu de l’article L. 522‑3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Aux termes de l'article L. 821-5 du code de la sécurité sociale : « L'allocation aux adultes handicapés est servie comme une prestation familiale. (…) Les différends auxquels peut donner lieu l'application du présent titre et qui ne relèvent pas d'un autre contentieux sont réglés suivant les dispositions régissant le contentieux de la sécurité sociale. » Aux termes de l’article L. 241-6 du code de l’action sociale et des familles : « I. - La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapés est compétente pour : (…) / 3° Apprécier : / a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution (…), pour l’adulte, de l’allocation prévue aux articles L. 821-1 et L. 821-2 du code de la sécurité sociale (…) » et de l’article L. 241-9 du même code : « Les décisions relevant du (…) 3° (…) du I [de l'article L. 241-6] (…) peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. »

Mme A... doit être regardée comme demandant au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, d’enjoindre à l’administration compétente de rétablir le bénéfice de l’allocation aux adultes handicapés dont elle bénéficiait. Toutefois, il résulte des dispositions précitées qu’il n’appartient qu’au juge judiciaire de connaître de telles conclusions. Par ailleurs, la requérante n’invoque précisément aucun dispositif d’aide sociale dont il appartiendrait au juge administratif de connaître. Par suite, il est manifeste que la requête ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative. Il y a lieu en conséquence de faire application des dispositions de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A....




Fait à Lyon le 5 février 2026.




Le juge des référés






J.-P. Chenevey



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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