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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2601964

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2601964

samedi 14 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2601964
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSAID SOILIHI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, a rejeté la requête d'un ressortissant comorien demandant l'injonction à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour et de réexaminer sa demande de titre. Le juge a estimé que le requérant, qui invoquait une atteinte à sa vie privée et familiale en raison de l'état de santé de sa conjointe, ne caractérisait pas la situation d'urgence exigée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative pour une intervention dans un délai de 48 heures. La décision a été rendue par ordonnance de rejet sans instruction ni audience sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 février 2026 à 2 h 16, M. A... B..., représenté par Me Said Soilihi, demande au juge des référés :
d’enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 1000 euros par jour de retard ;
d’enjoindre à la préfète du Rhône de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai de 3 jours à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir sous astreinte de 1000 euros par jour de retard ;
de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :
- il existe une situation d’urgence ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d’aller et venir et au droit au respect de sa vie privée et familiale ;

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Clément, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du premier alinéa de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ». En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

Lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l’article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

En l’espèce, M. B..., ressortissant comorien, indique qu’il doit bénéficier d’un titre de séjour alors qu’il a obtenu une décision favorable de la préfecture et qu’il ne peut obtenir un visa pour revenir en France. S’il soutient que l’état de santé de sa conjointe nécessite sa présence auprès d’elle, le certificat médical produit précise seulement que « la présence de son conjoint (..) auprès d’elle est souhaitable afin d’améliorer sa santé » , qu’il doit faire l’objet d’un suivi médical régulier alors que les deux ordonnances produites n’établissent ni l’urgence médicale invoquée ni l’impossibilité de soins aux Comores et qu’enfin, la carence de l’administration dure depuis 7 mois alors que sa famille, dont ses enfants et petits-enfants résident en France, il n’établit pas se trouver dans une situation d’urgence particulière, rendant nécessaire l’intervention, dans un délai de quarante-huit heures, du juge des référés. Par suite, la condition d’urgence caractérisée, requise par les dispositions de l’article L 521-2 du code de justice administrative, n’est pas remplie.

Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de rejeter la requête de M. B... en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. A... B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Fait à Lyon le 14 février 2026.



Le juge des référés







M. Clément



La République mande et ordonne à la préfète du Rhône, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier

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