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AccueilJurisprudence administrativeN° TA69-2602343

Tribunal Administratif de Lyon — Décision N° TA69-2602343

mardi 24 février 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lyon
SectionTribunal Administratif de Lyon
N° DossierTA69-2602343
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDEME

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lyon, statuant en référé, rejette la demande de suspension d'un refus de visa consulaire. Le juge constate son incompétence territoriale, cette matière relevant exclusivement du tribunal administratif de Nantes en vertu de l'article R. 312-18 du code de justice administrative. Il relève également que la requête est irrecevable, l'auteur n'ayant pas préalablement introduit de recours au fond contre la décision attaquée, condition exigée par l'article L. 521-1 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 23 février 2026, M. D... B..., représenté par Me Deme, demande au juge des référés :

1°) sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative et jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur sa légalité, d’ordonner la suspension de l’exécution de la décision du 29 janvier 2026 par laquelle le consul général de France à Dakar a refusé de délivrer un visa à son enfant C... A... ;


2°) d’enjoindre à cette autorité administrative de réexaminer sa demande de visa, dans un délai d’un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;


3°) de mettre à la charge de l’État le paiement d’une somme de 1 600 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier

Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Chenevey, président, pour statuer sur les demandes de référé.


Considérant ce qui suit :

Aux termes du 1er alinéa de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. » En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction, ni audience, lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée. L’article R. 522-8-1 du même code dispose que, par dérogation aux dispositions du titre V du livre III relatif au règlement des questions de compétence au sein de la juridiction administrative, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d’ordonnance.

Aux termes de l’article R. 312-18 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises en matière d'autorisations de voyage et de visas d'entrée sur le territoire de la République française relevant des autorités consulaires ressortissent à la compétence du tribunal administratif de Nantes. / (…) ». En application de ces dispositions, les conclusions aux fins de suspension présentées par M. B..., dirigées contre un refus de visa, relèvent de la compétence du tribunal administratif de Nantes, et non de celle du tribunal administratif de Lyon.

Au surplus, la recevabilité de conclusions tendant à ce que le juge des référés ordonne la suspension d’un acte administratif est subordonnée à la présentation d’une requête distincte au fond tendant à l’annulation ou à la réformation de ce même acte. Or, M. B... n’a pas présenté de requête au fond tendant à l’annulation de la décision dont il demande la suspension.

Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de suspension d’exécution présentées par M. B... doivent être rejetées selon la modalité prévue par l’article L. 522-3 du code de justice administrative. Doivent être rejetées par voie de conséquence les conclusions à fin d’injonction et celles présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du même code.


ORDONNE :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D... B....



Fait à Lyon le 24 février 2026.




Le juge des référés







J.-P. Chenevey


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier



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