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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2316240

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2316240

mardi 28 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2316240
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantCOULIBALY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire et une pièce, enregistrés les 10 juillet et 14 novembre 2023, M. B D doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les arrêtés du 9 juillet 2023 par lesquels le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de mettre fin à son signalement dans le Système d'information Schengen.

Il soutient que :

- les arrêtés litigieux sont entachés d'insuffisance de motivation et d'un défaut d'examen de la situation du requérant ;

- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et de méconnaissance des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, alors que le requérant justifie d'une demande de titre de séjour en cours d'instruction, ainsi que de violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le refus de d'accorder un délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français sont entachés d'un défaut d'examen de sa situation et d'une violation de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'il réside en France depuis 10 ans ;

- la décision fixant le pays de renvoi est entachée de méconnaissance de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2023, le préfet de police, représenté par Me Termeau, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weidenfeld,

- les observations de Me Coulibaly, représentant de M. D, assisté de Mme A C, interprète, qui précise abandonner les moyens invoqués dans la requête initiale.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant bangladais, né le 18 mai 1994, à Munshigonj, au Bangladesh, et entré en France le 25 juillet 2013, selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 10 avril 2014, notifiée le 15 avril 2014. Cette décision a été confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 24 octobre 2014. Le 25 juillet 2016, M. D a déposé une demande de réexamen qui a été considérée comme étant irrecevable par une décision de l'Office français de protection des apatrides et des étrangers du 1er août 2016. Cette décision, notifiée le 7 septembre 2016, a été confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 23 mai 2017. Par deux arrêtés du 9 juillet 2023, le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français, en lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de ces arrêtés.

2. En premier lieu, les arrêtés attaqués, qui mentionnent les considérations de fait et de droit sur lesquels ils se fondent, sont suffisamment motivés. Contrairement à ce que soutient le requérant, le préfet de police n'était pas tenu de faire état de tous les éléments relatifs à sa situation personnelle dont il avait connaissance mais seulement des faits qu'il jugeait pertinents pour justifier le sens de sa décision. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, si le requérant fait valoir qu'il a, le 1er juin 2023, rempli un formulaire de contact auprès de la préfecture de police pour déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, il ressort du procès-verbal de son audition le 19 juillet 2023 qu'il ne l'a pas indiqué aux services de la préfecture et il n'est pas contesté qu'aucune convocation ne lui a été adressée à la suite de ce message. Il est également constant que le requérant n'a, à l'occasion de son audition, mentionné aucun élément de sa situation personnelle ou familiale autre que sa demande d'asile. Par ailleurs, s'il produit, à l'appui de sa requête, une copie de son passeport en cours de validité et un justificatif de domicile, cette circonstance est sans incidence dès lors qu'il n'est pas soutenu que ces pièces auraient pu être produites à la date de la décision attaquée. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions attaquées seraient entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle.

4. En troisième lieu, si le requérant soutient qu'il réside habituellement en France depuis 10 ans et qu'il y a transféré le centre de ses intérêts, il ne justifie par aucune pièce de ses assertions. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés, à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées.

5. En quatrième lieu, la seule circonstance que le requérant a rempli une pré-demande d'admission exceptionnelle au séjour, laquelle n'a d'ailleurs eu aucune suite, n'est pas de nature à établir qu'un titre de séjour aurait pu lui être délivré au titre de l'admission exceptionnelle au séjour. Au surplus, dès lors que ce titre relève de l'appréciation discrétionnaire du préfet, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.

6. En cinquième lieu, si M. D, dont la demande d'asile a d'ailleurs été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile, soutient que sa sécurité est en danger en cas de retour au Bangladesh, il n'apporte toutefois aucun élément de nature à établir la nature et la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés du préfet de police du 9 juillet 2023. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

D É C I D E:

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2023.

La présidente,

K. Weidenfeld Le greffier,

A. LemieuxLe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAI

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2316240/6-1

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