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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2323350

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2323350

lundi 8 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2323350
TypeDécision
PublicationC
Formation6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantGOUDJIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 11 octobre et 5 décembre 2023, M. D C, représenté par Me Goudjil, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'insuffisance de motivation ;

- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que son droit à être entendu, garanti par les principes généraux du droit de l'Union européenne, a été méconnu ;

- elle est entachée de défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle.

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weidenfeld,

- les observations de Me Goudjil, représentant de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant bangladais, né le 10 novembre 1988 et entré en France en janvier 2022, selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 14 juin 2022, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 30 septembre 2022. Par un arrêté du 9 octobre 2023, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français, dans un délai de trente jours, en fixant le pays de renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 12 mois. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par M. A B, adjoint à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement de la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait, en vertu d'un arrêté 23-042 du 11 juillet 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise, d'une délégation du préfet à l'effet de signer les décisions portant obligation de quitter le territoire français, de refus d'un délai de départ volontaire, portant interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays de destination, en cas d'absence ou d'empêchement du directeur des migrations et de l'intégration et de son adjointe. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ces derniers n'auraient pas été absents ou empêchés à la date des décisions attaquées. Ainsi, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui mentionne les considérations de fait et de droit sur lesquels elle se fonde, est suffisamment motivée et satisfait ainsi aux exigences de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision attaquée, que le préfet de police s'est livré à un examen particulier de la situation personnelle de M. C avant de prononcer une mesure d'éloignement à son encontre.

5. En quatrième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition du 9 octobre 2023 à 14h, que M. C a été entendu sur sa situation administrative avant que ne soit prise la mesure d'éloignement attaquée. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance du principe fondamental du droit d'être entendu, tel qu'énoncé au 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, doit être écarté.

6. Enfin, si M. C mentionnait, dans sa requête introductive d'instance, qu'il avait présenté une demande d'admission exceptionnelle au séjour pour vie privée et familiale, il n'en justifie pas.

Sur la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

7. A supposer que M. C ait maintenu le moyen tiré des risques encourus en cas de retour dans son pays d'origine, celui-ci ne peut qu'être écarté en l'absence de tout élément de preuve.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français :

8. Si l'arrêté attaqué fait état de l'entrée sur le territoire français de M. C en janvier 2022, de l'échec de sa procédure d'asile et de l'absence d'atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale, il ne vise pas les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment l'article L. 612-8, et ne reprend pas ces éléments à l'appui d'une appréciation de la possibilité d'assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que cette décision d'interdiction de retour sur le territoire français est insuffisamment motivée.

9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Val d'Oise du 9 octobre 2023, en tant seulement que celui-ci l'interdit de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

D É C I D E:

Article 1er : L'interdiction de retour sur le territoire français de M. C pour une durée d'un an, édictée par le préfet du Val d'Oise le 9 octobre 2023, est annulée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C et au préfet du Val-d'Oise.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 janvier 2024.

La présidente,

K. Weidenfeld Le greffier,

A. LemieuxLe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAILe Président,

J-C. DUCHON-DORISLe greffier,

R. DRAI

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2323350/6-1

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