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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2326764

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2326764

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2326764
TypeDécision
Formation6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantDA COSTA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 novembre 2023, M. A C, représenté par Me Da Costa, avocate choisie, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 novembre 2023 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, durant le temps nécessaire à cet examen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir sous la même astreinte ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée, révèle un défaut d'examen de sa situation, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public ;

- la décision lui refusant un délai de départ volontaire a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il ne représente aucune menace pour l'ordre public ;

- la décision fixant le pays de destination a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée, méconnaît les article 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retourner sur le territoire français a été prise par une autorité incompétente, est insuffisamment motivée et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lautard-Mattioli, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Lautard-Mattioli a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 20 novembre 2023, le préfet de police de Paris a prononcé à l'encontre de M. A C, né le 10 septembre 1994 à Boghni, de nationalité algérienne, à quitter une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.

2. En premier lieu, les moyens dirigés contre les décisions du 11 juillet 2023 par lesquelles le préfet de police a fait obligation à M. C de quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination sont inopérants à l'appui de la contestation de l'arrêté du 20 novembre 2023 portant interdiction de retourner sur le territoire français. Au surplus, à supposer même que le requérant ait entendu diriger ses conclusions contre l'arrêté du 11 juillet 2023, ces dernières seraient irrecevables car présentées après l'expiration du délai recours contre ces décisions, régulièrement notifiées par voie administrative le même jour.

3. En deuxième lieu, par un arrêté n° 2023-01047 du 11 septembre 2023 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial, le préfet de police a donné délégation à Mme D, attachée d'administration de l'Etat, pour signer tous actes, arrêtés et décisions nécessaires à l'exercice des missions de la direction de la police générale, dans lesquelles figure la police des étrangers. Par suite, et sans qu'il soit besoin que le préfet produise un justificatif de cette délégation, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué aurait été signé par une autorité incompétente doit être écarté.

4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, qui mentionne les considérations de fait et de droit sur lesquels il se fonde, est suffisamment motivé.

5. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est pas assorti des précisions permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, en l'absence de tout élément sur la situation de M. C sur le territoire français, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de police, en prenant la décision attaquée, aurait porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision attaquée a été prise.

6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de police.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le magistrat désigné,

B. Lautard-Mattioli

La greffière,

M. BLa République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-1

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