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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2401716

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2401716

jeudi 4 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2401716
TypeDécision
Formation6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem.
Avocat requérantBARBU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, renvoyée par une ordonnance du président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 22 janvier 2024 et enregistrée le 23 janvier 2024 au greffe du tribunal administratif de Paris, M. E D, représenté par Me Barbu, demande au tribunal :

1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'annuler l'arrêté du 12 janvier 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois avec un signalement pour cette durée dans le système d'information Schengen ;

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, durant le temps nécessaire à cet examen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'une semaine à compter de la notification du jugement à intervenir sous la même astreinte.

Il soutient que les décisions du 12 janvier 2024 ont été prises par une autorité incompétente, sont insuffisamment motivées, révèlent un défaut d'examen sérieux de sa situation et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur de droit, dès lors qu'il a notamment déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 20 avril 2022.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mars 2024, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est tardive et donc irrecevable et, à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lautard-Mattioli, premier conseiller, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lautard-Mattioli,

- et les observations de M. D, assisté d'un interprète en langue arabe, qui fait notamment valoir qu'il est présent en France depuis l'année 2007.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 12 janvier 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. E D, ressortissant égyptien né le 1er octobre 1979 à Asiut, à quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de vingt-quatre mois. Par la présente requête, M. D demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-078 du 4 décembre 2023 régulièrement publié au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine du 19 décembre suivant, le préfet des Hauts-de-Seine a donné à Mme B A, attachée d'administration de l'Etat, délégation à l'effet de signer les décisions dans la limite de ses attributions, dont relève la police des étrangers, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, qui mentionne les considérations de fait et de droit sur lesquels il se fonde, est suffisamment motivé. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet n'aurait pas sérieusement examiné sa situation. Dès lors, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen de sa situation personnelle doivent être écartés.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ". Aux termes de l'article R*. 432-1 de ce code : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Enfin, selon l'article R. 432-2 de ce code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".

5. D'une part, M. D soutient que le préfet de police ne pouvait légalement l'obliger à quitter le territoire français dès lors qu'il avait déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour le 20 avril 2022. Toutefois, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle, qui ne prévoit pas de délivrance de plein droit, ne saurait faire obstacle à ce que l'autorité administrative prenne une décision d'éloignements d'un étranger. En tout état de cause, il résulte des dispositions précitées qu'à la date de la décision attaquée, la demande présentée par M. D avait fait l'objet d'une décision implicite de refus.

6. D'autre part, la circonstance que M. D produise un ensemble de pièces administratives, commerciales et bancaires présentées dans l'inventaire comme des preuves de présence depuis l'année 2012 ne permet pas à elle seule, dès lors qu'elles ne sont accompagnées d'aucun moyen ni argumentaire, de considérer que le préfet de police n'aurait pas pu légalement prendre à son encontre une décision d'éloignement. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être rejetés.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions attaquées doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.

Le magistrat désigné,

B. Lautard-Mattioli

La greffière,

M. CLa République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-1

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