mardi 3 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2418481 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - OQTF 6 sem. |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 et 18 juillet 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel le préfet de police a prononcé à son encontre une mesure d'interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de 3 ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
Il soutient que :
S'agissant de l'interdiction administrative de territoire :
- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière car le préfet n'a pas procédé à un examen circonstancié de sa situation ;
- l'interdiction de circuler étant entachée d'illégalité, cette illégalité a pour effet d'entraîner son annulation pour défaut de base légale ;
- le préfet a porté une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale et a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de son arrêté sur sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de police, représenté par Me Tomasi, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Béal, en application de l'article R. 776-13-3 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Béal,
- les observations de M. B qui a expressément renoncé au bénéfice d'un avocat commis d'office demandé le matin même de l'audience.
L'instruction a été close à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 5 juillet 2024, le préfet de police a seulement prononcé à l'encontre de M. B une mesure d'interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de 3 ans et l'a signalé aux fins de non admission dans le système d'information Schengen. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne l'a pas obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'interdiction de circulation et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête :
2. Pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet s'est fondé sur le fait que M. B représenterait une menace pour l'ordre public dès lors que son comportement a " été signalé par les services de police le 5 juillet 2024 pour ". Toutefois, le préfet ne précise pas le motif de ce signalement ce qui ne permet pas au requérant d'en comprendre les motifs, alors qu'il estime avoir été la victime d'une agression homophobe de la part de son oncle par alliance. Par suite, il est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé et pris à la suite d'une procédure irrégulière, le préfet n'ayant pas procédé à un examen circonstancié de sa situation et à en demander pour ces deux motifs l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation dirigées contre l'obligation de quitter le territoire :
3. Comme il a été dit au point 1, le préfet n'a pas pris une telle mesure à son encontre. Par suite, les moyens dirigés contre une telle obligation ne peuvent qu'être qu'écartés.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 5 juillet 2024 du préfet de police est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 septembre 2024
Le magistrat désigné,
A. BéalLa greffière
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2418481/6