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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2418723

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2418723

mardi 16 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2418723
TypeDécision
Formation6e Section - Urgences

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Hug, demande au juge des référés :

1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident ;

3°) d'enjoindre au préfet de police de lui délivrer à titre provisoire une carte de résident dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la même autorité de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la condition de l'urgence est remplie dès lors qu'il a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire, qu'il se retrouve en situation irrégulière et qu'il ne peut pas travailler.

Sur les moyens propres à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête de M. B.

Il fait valoir que, le 11 juillet 2024, M. B a été mis en possession d'une attestation de prolongation d'instruction valable du 11 juillet 2024 au 10 janvier 2025.

Par un mémoire, enregistré le 11 juillet 2024, M. B déclare se désister de ses demandes à fin de suspension et d'injonction et maintenir ses demandes au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée sous le numéro 2418725 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Gandolfi pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Gandolfi a été lu au cours de l'audience publique, tenue le 12 juillet 2024, en présence de Mme Nguyen, greffière d'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant afghan né le 7 juin 1998, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire. Le 25 avril 2019, il s'est vu délivrer une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", valable jusqu'au 24 avril 2023. Le 30 mars 2023, il a sollicité le renouvellement de ce titre. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet de police a refusé de lui renouveler son titre de séjour.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre provisoirement M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet de police a délivré au requérant une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour valable du 11 juillet 2024 au 10 janvier 2025. Par un mémoire enregistré le 11 juillet 2024, M. B déclare se désister de ses conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte. Ce désistement partiel est pur et simple. Il y a lieu d'en donner acte.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme à verser à M. B en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte de la requête de M. B.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Hug.

Copie en sera adressée au préfet de police.

Fait à Paris, le 16 juillet 2024.

Le juge des référés,

G. Gandolfi

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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