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AccueilJurisprudence administrativeN° TA76-2000158

Tribunal Administratif de Rouen — Décision N° TA76-2000158

mercredi 31 août 2022

JuridictionTribunal Administratif de Rouen
SectionTribunal Administratif de Rouen
N° DossierTA76-2000158
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3 ème Chambre
Avocat requérantINTER-BARREAUX EMO AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 janvier 2020, la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), représentée par Me Gillet, associée de la SCP EMO Avocats, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler le titre exécutoire d'un montant de 15 364,50 euros émis à son encontre le 19 novembre 2019 par l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des infections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) et de la décharger, en conséquence, de l'obligation de payer cette somme ;

2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une nouvelle expertise aux fins de se prononcer sur le caractère nosocomial de l'infection litigieuse ;

3°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La SHAM soutient que :

- la compétence du signataire du titre exécutoire litigieux n'est pas établie ;

- selon les conclusions du rapport des experts désignés par la CCI, l'infection contractée par M. I ne présentait pas de caractère nosocomial ;

- les conditions d'un engagement de la responsabilité du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine, sur le fondement de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique ne sont dès lors pas réunies ;

- le titre exécutoire émis par l'ONIAM est ainsi mal-fondé.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 janvier 2022, l'ONIAM, représenté par la SELARL Birot Ravaut et Associés, demande au tribunal :

1°) de débouter la SHAM de l'ensemble de ses conclusions ;

2°) de condamner la SHAM à lui payer la somme de 15 364,50 euros en remboursement de l'indemnisation versée à M. I en lien avec l'infection nosocomiale contractée par celui-ci ;

3°) reconventionnellement, de condamner la SHAM à lui verser la somme de 2 304,68 euros à titre de pénalité correspondant à 15% de la somme de 15 364,50 euros conformément à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique ;

4°) reconventionnellement, de condamner la SHAM à lui verser les intérêts aux taux légal à compter du 6 décembre 2019, date de réception de l'avis de somme à payer, et à la capitalisation desdits intérêts ;

5°) reconventionnellement, de condamner la SHAM à lui verser une somme non spécifiée en remboursement des honoraires de l'expert ;

6°) d'appeler en déclaration de jugement commun la Mutualité Sociale Agricole ;

7°) de mettre à la charge de la SHAM une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'ONIAM fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la Mutualité Sociale Agricole qui n'a pas produit d'observations.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la santé publique ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, ont été entendus :

-le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;

- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Saisie par M. F I à la suite de sa prise en charge au sein du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine consécutive à un accident de moto, la Commission de Conciliation et d'Indemnisation de Normandie (CCI) a, dans son avis du 9 janvier 2019, retenu la responsabilité de l'établissement dans la survenue des préjudices subis par le patient résultant d'infections nosocomiales contractées lors de son hospitalisation. L'assureur du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine ayant refusé de suivre l'avis de la CCI, M. I a saisi l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) d'une demande de substitution en application de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique. Dans ce cadre, l'Office a indemnisé M. I à hauteur de 15 364,50 euros, en réparation des préjudices subis. L'ONIAM a notifié à la Société hospitalière d'assurances mutuelles (SHAM), assureur du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine, un titre exécutoire émis le 19 novembre 2019 pour le recouvrement de cette somme. Par la présente instance, la SHAM demande à être déchargée de l'obligation de payer la somme correspondante. Subrogé dans les droits de la victime, l'ONIAM sollicite la condamnation de la société requérante à lui rembourser les sommes litigieuses, la condamnation de la SHAM au versement des intérêts et à leur capitalisation ainsi qu'à titre reconventionnel, au versement d'une somme correspondant à la pénalité de 15% prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.

Sur les conclusions en déclaration de jugement commun :

2. La Mutualité Sociale Agricole (MSA), a été appelée à l'instance en application de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale. Quoiqu'elle n'ait présenté aucunes observations ni conclusions, le présent jugement lui est donc opposable. Il n'y a pas lieu, dès lors, d'accueillir les conclusions en déclaration de jugement commun formées par l'ONIAM.

Sur les conclusions de la SHAM

3. L'annulation d'un titre exécutoire pour un motif de régularité en la forme n'implique pas nécessairement, compte tenu de la possibilité d'une régularisation par l'administration, l'extinction de la créance litigieuse, à la différence d'une annulation prononcée pour un motif mettant en cause le bien-fondé du titre. Il en résulte que, lorsque le requérant choisit de présenter, outre des conclusions tendant à l'annulation d'un titre exécutoire, des conclusions à fin de décharge de la somme correspondant à la créance de l'administration, il incombe au juge administratif d'examiner prioritairement les moyens mettant en cause le bien-fondé du titre qui seraient de nature, étant fondés, à justifier le prononcé de la décharge.

En ce qui concerne le bien-fondé du titre exécutoire :

4. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " () Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. () ".

5. Doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial une infection, qu'elle soit endogène ou exogène, survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente, ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

6. S'appropriant les conclusions du rapport d'expertise du 11 avril 2018 des Dr C G, infectiologue et Hervé Foult, chirurgien orthopédiste, mandatés par la CCI, la SHAM soutient que les infections bactériennes contractées par M. I n'étaient pas nosocomiales mais résultaient de la fracture ouverte et des dermabrasions présentées par le patient avant même sa prise en charge médicale par le Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine, ces lésions ayant favorisé l'apparition d'un foyer infectieux, de sorte que la responsabilité de l'établissement ne pouvait être engagée, contrairement à ce qu'a estimé la Commission. Il résulte cependant de l'instruction que la CCI, s'estimant insuffisamment informée par le rapport d'expertise dont se prévaut la SHAM, a commis, le 6 juillet 2018, un nouveau collège d'experts composé des Dr A D, chirurgien orthopédiste, et Chantal Chaplain, infectiologue, lequel aux termes de son rapport déposé le 7 novembre 2018, retient le caractère nosocomial des infections contractées par le patient. Il ressort, en particulier, de ce rapport, que la fracture présentée par le patient, quoique complexe, n'était pas ouverte, les images issues de l'examen par scanner mettant en évidence, non pas la présence d'air dans le foyer fracturaire, mais simplement un important épanchement hématique intra-articulaire. Ce diagnostic est, au demeurant, similaire à celui établi par le Dr H, chirurgien du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine ayant pris en charge M. I qui, dans son compte-rendu d'hospitalisation adressé au Centre hospitalier Ambroise Paré AP-HP, préalablement à l'admission du patient dans cet établissement, en novembre 2007, fait mention d'une " fracture fermée articulaire et comminutive de la jambe droite ". Ces éléments, pris dans leur ensemble, permettent de contester la pertinence du diagnostic établi par le premier collège d'experts dans le rapport du 11 avril 2018 dont se prévaut la SHAM et qui retient l'hypothèse d'une apparition d'un foyer infectieux sur fracture ouverte, antérieurement à la prise en charge médicale par son assuré. Il résulte en outre de l'instruction que la première infection contractée par M. I, causée par le germe enterobacter cloacae, est apparue le 16 mai 2007, soit cinq jours après la première intervention subie par le patient. Il résulte à cet égard de l'instruction, que le Comité de lutte contre les infections nosocomiales (CLIN) du ministère de la santé, tient pour nosocomiale les infections bactériennes apparues au-delà d'un délai de 48 heures après l'admission d'un patient, tout en invitant les acteurs de santé à apprécier " dans chaque cas " la plausibilité du lien causal entre l'infection et l'hospitalisation. Dans les circonstances de l'espèce, le délai s'étant écoulé entre l'accident de la circulation de M. I, le 22 avril 2007, qui est également la date de son admission au Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine, et l'apparition d'une première infection, le 16 mai suivant, au décours de l'opération réalisée le 11 mai, permet d'exclure l'hypothèse selon laquelle l'infection contractée était en incubation antérieurement à la prise en charge. Si les lésions cutanées importantes dont souffrait le patient à la suite de son accident ont favorisé " considérablement ", selon les experts, l'apparition de phénomènes infectieux sur site opératoire, il ne résulte pas de l'instruction que celles-ci ont été à l'origine d'une infection contractée antérieurement à la prise en charge. Au demeurant, l'agent pathogène enterobacter cloacae retrouvé lors de la première infection n'est pas un germe présent naturellement sur la peau. L'ensemble de ces éléments permet ainsi de tenir pour établi que l'infection mise en évidence le 16 mai 2007 était nosocomiale.

7. Si la SHAM fait par ailleurs valoir que les trois infections survenues postérieurement sont également en rapport avec l'état antérieur du patient, elle ne produit aucun élément et ne développe aucun argumentaire au soutien de ses dires. En outre, il ressort du rapport d'expertise précité des Dr D et Chaplain que la deuxième infection, mise en évidence par les équipes médicales du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine le 28 octobre 2007, soit six mois après l'admission, et alors que M. I était demeuré hospitalisé au sein de l'établissement, faisait suite à une intervention chirurgicale d'arthroscopie lavage et retrouvait un germe staphylococcus aureus meti sensible, distinct du germe à l'origine de la première infection mais " en rapport avec les différentes interventions pratiquées ", selon les experts. Dans ces conditions, l'origine nosocomiale de l'infection doit être tenue pour établie. Il en va de même de la troisième infection par enterobacter cloacae, staphylococcus aureus et proponibacterium acnes mise en évidence le 19 novembre 2007 au sein du Centre hospitalier Ambroise Paré AP-HP, où M. I avait été admis quelques jours auparavant, au sein d'un service chargé des infections ostéo-articulaires complexes, en raison de l'échec du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine à juguler les récidives infectieuses, laquelle est liée à la réalisation, à la fin du mois d'octobre 2007, au centre hospitalier d'Evreux, d'une arthroscopie lavage, d'une synovectomie et d'une modification des broches de fixation. Enfin, la quatrième infection, rapidement guérie et apparue en avril 2008 au décours d'une intervention réalisée le 19 février précédent au sein de l'hôpital Ambroise Paré est bien nosocomiale, quoique la bactérie staphylococcus aureus qui en était à l'origine soit " d'une souche différente de celle qui avait été contractée au sein du CH d'Evreux ", selon les Dr D et Chaplain.

8. Il résulte ainsi de l'instruction qu'il n'existe aucune cause extérieure ou étrangère au lieu où ont été dispensés les soins dans la survenue des infections subies par M. I lesquelles présentent un caractère nosocomial. Par suite, la SHAM n'est pas fondée à soutenir que le Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine n'est pas à l'origine des infections contractées par M. I lors de sa prise en charge.

En ce qui concerne la régularité du titre exécutoire :

9. Il résulte de l'instruction que Mme B de Martin de Viviés, directrice adjointe de l'ONIAM, signataire du titre exécutoire litigieux, disposait d'une délégation de signature de M. J E, directeur de l'ONIAM, en vertu d'une décision du 18 juillet 2017 régulièrement publiée le 15 septembre 2017 au bulletin officiel santé, protection sociale et solidarité, dont justifie l'ONIAM, à l'effet de signer, notamment, " tous ordres de reversement et toutes demandes de titre de perception ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire manque en fait et ne peut qu'être écarté.

10. Il résulte de tout ce qui précède et, dès lors, par ailleurs, que la SHAM n'émet aucune contestation portant sur l'indemnisation des postes de préjudices faisant l'objet du titre exécutoire tant dans leur quantum que dans leur montant, que la SHAM n'est pas fondée à solliciter l'annulation du titre exécutoire en litige. Ses conclusions formées en ce sens ainsi que celles aux fins de décharge de l'obligation de payer les sommes mises à la charge de l'assureur du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine en application des dispositions de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique, ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les conclusions reconventionnelles présentées par l'ONIAM :

En ce qui concerne la demande tendant au versement d'une pénalité :

11. Aux termes de l'article L. 1142-14 du code de la santé publique : " Lorsque la commission régionale de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales estime qu'un dommage relevant du premier alinéa de l'article L. 1142-8 engage la responsabilité d'un professionnel de santé, d'un établissement de santé, d'un service de santé ou d'un organisme mentionné à l'article L. 1142-1 () l'assureur qui garantit la responsabilité civile ou administrative de la personne considérée comme responsable par la commission adresse à la victime ou à ses ayants droit, dans un délai de quatre mois suivant la réception de l'avis, une offre d'indemnisation visant à la réparation intégrale des préjudices subis () ". Aux termes de l'article L. 1142-15 du même code : " En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré ou la couverture d'assurance prévue à l'article L. 1142-2 est épuisée ou expirée, l'office institué à l'article L. 1142-22 est substitué à l'assureur (). L'acceptation de l'offre de l'office vaut transaction au sens de l'article 2044 du code civil. La transaction est portée à la connaissance du responsable et, le cas échéant, de son assureur ou du fonds institué à l'article L. 426-1 du code des assurances. (). En cas de silence ou de refus explicite de la part de l'assureur de faire une offre, ou lorsque le responsable des dommages n'est pas assuré, le juge, saisi dans le cadre de la subrogation, condamne, le cas échéant, l'assureur ou le responsable à verser à l'office une somme au plus égale à 15 % de l'indemnité qu'il alloue () ".

12. Lorsque le débiteur a formé une opposition contre le titre exécutoire devant la juridiction compétente, l'ONIAM ne peut poursuivre le recouvrement de la pénalité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique qu'en présentant une demande reconventionnelle devant la juridiction saisie de cette opposition.

13. Au cas d'espèce, le second rapport d'expertise et l'avis de la CCI étaient dépourvus d'ambiguïté sur l'engagement de la responsabilité du Centre hospitalier intercommunal Eure-Seine du fait des infections nosocomiales contractées par M. I. Dans ces conditions, la SHAM, assureur de cet établissement, ne peut être regardée comme ayant eu des raisons objectives de refuser de faire une proposition d'indemnisation à la victime. Par suite, l'ONIAM peut prétendre à l'indemnité prévue à l'article L. 1142-15 du code de la santé publique pour un montant de 2 304,68 euros à titre de pénalité.

En ce qui concerne les frais d'expertise :

14. L'ONIAM demande, reconventionnellement, de condamner la SHAM à lui verser une somme qu'elle n'a pas spécifiée en remboursement des honoraires de l'expert. En l'absence de toute justification des frais ainsi exposés, les conclusions formées sur ce point par l'ONIAM ne peuvent en tout état de cause qu'être rejetées.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

15. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

16. Ainsi qu'il est demandé par l'ONIAM, la somme de 15 364,50 euros dont il est réclamé le versement par le titre exécutoire mis à la charge de la SHAM doit être assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 décembre 2019, date de réception du titre exécutoire par la SHAM.

17. D'autre part, la capitalisation des intérêts, qui peut être demandée à tout moment devant le juge du fond en application des dispositions de l'article 1343-2 du code civil prend, toutefois, effet au plut tôt à la date à laquelle cette demande est enregistrée et pourvu qu'à cette date il s'agisse d'intérêts dus au moins pour une année entière. Le cas échéant, la capitalisation s'accomplit à nouveau à l'expiration de chaque échéance annuelle ultérieure sans qu'il soit besoin de formuler une nouvelle demande. Il ressort de ce qui précède que le 3 janvier 2022, date à laquelle l'ONIAM a présenté cette demande dans son mémoire, les intérêts étaient dus pour une année entière. Il y a donc lieu de faire droit à cette demande de capitalisation annuelle des intérêts à compter du 3 janvier 2022.

Sur les frais liés à l'instance :

18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la SHAM le versement d'une somme de 1 500 euros à l'ONIAM. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit à la demande présentée à ce titre par la SHAM.

D É C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la SHAM est rejetée.

Article 2 : La SHAM est condamnée à verser à l'ONIAM une somme de 2 304,68 euros au titre de l'article L. 1142-15 du code de la santé publique.

Article 3 : Les sommes réclamées par le titre exécutoire émis le 19 novembre 2019 porteront intérêts à compter du 6 décembre 2019, avec capitalisation pour la première fois le 3 janvier 2022, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Article 4 : La SHAM versera une somme de 1 500 euros à l'ONIAM au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Société Hospitalière d'Assurances Mutuelles, à la Mutualité Sociale Agricole et à l'Office National d'Indemnisation des Accidents Médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.

Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Gaillard, présidente,

M. Leduc, premier conseiller,

M. Bouvet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 août 2022.

Le rapporteur,

C. BOUVET

La présidente,

A. GAILLARD

La greffière,

A. RAHILI

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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