jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2100083 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3P |
| Avocat requérant | ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 janvier 2021 et des mémoires complémentaires du 16 août 2021 et du 3 octobre 2022, M. C B, représenté par Me Grébille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 48SI du 23 novembre 2017 par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler la décision de fin de non-recevoir du ministre de l'intérieur en date du 26 décembre 2020 suite à l'envoi de son recours gracieux réceptionné le 26 octobre 2020.
3°) d'annuler l'ensemble des décisions de retrait de points ;
4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de rétablir le capital de points de son permis de conduire dans le délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir.
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il est fondé à se prévaloir de l'illégalité des décisions portant retrait de points au soutien de ses conclusions dirigées contre la décision 48SI constatant la perte de validité de son permis de conduire ;
- ses points de permis de conduire doivent être reconstitués administrativement en raison du délai écoulé depuis le dernier retrait de points ;
- le permis de conduire a été annulé malgré un suivi de stage de sensibilisation générateur de quatre points ;
- les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 233-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement à l'édiction des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions précitées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête à titre principal comme irrecevable et à titre subsidiaire comme infondée.
Vu :
- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. A comme juge statuant seul dans les matières prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;
- la décision par laquelle le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code pénal ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été présenté au cours de l'audience publique.
Les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B a commis une série d'infractions routières les 21 décembre 2013, 3 février 2015, 20 mars 2015, 10 mai 2015 et 4 mai 2017, ayant généré des retraits de points de son permis de conduire. Le 23 novembre 2017, le ministre de l'intérieur a pris à son encontre une décision 48SI invalidant ledit permis en raison du solde de points nul constaté. Le 23 octobre 2020, le requérant a adressé un recours gracieux au ministre compétent, demeuré sans réponse. M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Par les seules mentions figurant sur le relevé d'information intégral, le ministre de l'intérieur, qui ne verse au dossier ni la copie du document postal d'accusé de réception ni même une attestation des services postaux, n'établit pas que le pli comprenant la décision 48SI attaquée a effectivement été adressé au domicile du requérant. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de la tardiveté du recours, doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route : " Si le titulaire du permis de conduire n'a pas commis, dans le délai de deux ans à compter de la date du paiement de la dernière amende forfaitaire, de l'émission du titre exécutoire de la dernière amende forfaitaire majorée, de l'exécution de la dernière composition pénale ou de la dernière condamnation définitive, une nouvelle infraction ayant donné lieu au retrait de points, son permis est affecté du nombre maximal de points. Le délai de deux ans mentionné au premier alinéa est porté à trois ans si l'une des infractions ayant entraîné un retrait de points est un délit ou une contravention de la quatrième ou de la cinquième classe () " ;
4. Les décisions portant retrait de points d'un permis de conduire, de même que celles qui constatent la perte de validité du permis pour solde de points nuls, ne sont opposables à son titulaire qu'à compter de la date à laquelle elles lui sont notifiées. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou qu'il n'a commis aucune infraction ayant donné lieu à retrait de points pendant une certaine période.
5. Les infractions au code de la route commises par M. B ont entraîné le retrait de la totalité des points de son permis de conduire, dont le solde était nul lorsqu'est intervenue la décision 48SI précitée constatant sa perte de validité. Toutefois, dans la mesure où il n'a pas reçu notification de cette décision et n'a pas commis d'infraction ayant entraîné retrait de points pendant trois ans au plus tard à compter du 3 août 2017, date du paiement de la dernière amende forfaitaire majorée, il s'est trouvé remplir, le 3 août 2020, les conditions prévues par les dispositions législatives précitées pour bénéficier d'une reconstitution intégrale de son capital de points. Par suite, le ministre de l'intérieur ne pouvait rejeter sa demande tendant à cette reconstitution. Il résulte de ce qui précède que le requérant est fondé à demander l'annulation des décisions contestées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Le présent jugement implique nécessairement que le ministre attribue le nombre maximal de points sur le capital du permis de conduire de M. B par application de l'article L. 223-6 du code de la route et prenne une nouvelle décision sur le droit de conduire du requérant dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision " 48 SI " attaquée, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 23 octobre 2020 par M. B, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer d'attribuer le nombre maximal de points sur le permis de conduire de M. B en application de l'article L. 223-6 du code de la route dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et de réexaminer sa situation pour en tirer les conséquences sur son droit de conduire.
Article 3 : L'Etat versera la somme de 1 500 euros à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
Le magistrat désigné,
signé
C. ALe greffier,
signé
J.-L. MICHEL
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2100083
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026