jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2101643 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | INTER-BARREAUX EMO AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 avril 2021, 7 mai 2021 et 30 décembre 2022 puis un mémoire récapitulatif, enregistré le 30 juin 2023, la société Holding MB, représentée par la SCP Emo Avocats, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1) d'annuler la décision du 16 novembre 2020 par laquelle le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine a résilié partiellement une convention l'autorisant à occuper des dépendances du domaine public au droit du quai d'Elbeuf sur le territoire de la commune de Rouen ;
2) d'ordonner la reprise pleine et entière des relations contractuelles ;
3) de mettre à la charge du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine et de Voies Navigables de France la somme de 3 000 euros chacun sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle repose sur des faits matériellement inexacts ;
- en méconnaissance des stipulations de l'article 6 de la convention, aucun motif d'intérêt général ne justifiait la résiliation ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- rien ne s'oppose à la reprise des relations contractuelles.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 mai 2022 et 5 septembre 2023, le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, représenté par Me Séry, conclut au non-lieu à statuer, à titre subsidiaire au rejet de la requête et en tout état de cause à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la requérante sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le terme de la convention d'occupation temporaire étant désormais échu, la requête se trouve privée d'objet ;
- pour le même motif, elle est irrecevable ;
- la requête est tardive ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Par une intervention enregistrée le 8 juin 2022, l'établissement Voies Navigables de France, représenté par Me Salles, conclut à ce que le tribunal fasse droit aux conclusions en défense présentées par le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
Il fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- le terme de la convention d'occupation temporaire étant désormais échu, la requête se trouve privée d'objet ;
- aucun des moyens n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête, la mesure attaquée étant une simple mesure d'exécution du contrat dont le juge ne peut, en principe, que rechercher si elle est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à une indemnité, et non une mesure mettant un terme à la relation contractuelle.
Une réponse à ce moyen, présentée pour la société Holding MB, a été enregistrée le 1er février 2024 ; elle conclut à la recevabilité de sa requête.
Une réponse à ce moyen, présentée pour Voies Navigables de France, a été enregistrée le 12 février 2024 ; il conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Une réponse à ce moyen, présentée pour le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, a été enregistrée le 13 février 2024 ; il conclut à l'irrecevabilité de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des transports ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- l'ordonnance n°2021-614 du 19 mai 2021 ;
- le décret n°2021-618 du 19 mai 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique ;
- les observations de Me Molkhou, avocate de la société Holding MB ;
- les observations de Me Goasdoué, avocate du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine ;
- et les observations de Me Barrut, avocate de Voies Navigables de France.
Considérant ce qui suit :
1. Il résulte de l'instruction que par un arrêté du 28 février 1974, le préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime agissant au nom de l'Etat a concédé au port autonome de Rouen, aux droits duquel vient désormais le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, l'exploitation du port fluvial de Rouen et de ses emprises. Compte-tenu des termes des clauses et du cahier des charges du contrat de concession, le bord du quai est resté la propriété de l'établissement Voies Navigables de France, chargé de la gestion du domaine public fluvial, tandis que le terre-plein du quai est inclus dans le périmètre de la concession, et est ainsi concédé au grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
2. Par une convention conclue le 15 janvier 1991, le port autonome de Rouen a autorisé la société Eponville Nautic à occuper sur le domaine public portuaire une parcelle d'environ 1 500 mètres carrés située quai d'Elbeuf, sur le territoire de la commune de Rouen sur laquelle sont édifiés deux hangars appartenant à la société. Cette relation contractuelle a évolué et, à la date d'introduction de la requête, la société Holding MB était devenue propriétaire des hangars, qu'elle avait donné à bail civil à la société Challenge Invest, et titulaire de la convention d'occupation temporaire correspondante.
3. Dans la nuit du 12 au 13 juillet 2020, le quai d'Elbeuf s'est effondré sur environ seize mètres de long et six mètres de profondeur. Le maire de Rouen, autorité de police, a interdit par un arrêté du 16 juillet 2020 l'accès et l'occupation de l'entrepôt appartenant à la requérante. Par une ordonnance du 17 juillet 2020, la juge des référés a désigné, à la demande de la commune de Rouen, M. A en qualité d'expert chargé de procéder aux premières constatations. Sur la base des conclusions de ce rapport, le maire a adopté, le 22 juillet 2020, un arrêté de péril imminent, des travaux ont été engagés et d'autres procédures, notamment d'expertise, se sont poursuivies.
4. Par ailleurs, par un courrier du 16 novembre 2020, le président du directoire du grand port maritime de Rouen, aux droits duquel vient désormais le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, a notifié à la société Holding MB une décision de résiliation anticipée de la convention d'occupation temporaire dont elle bénéficiait. Par la présente requête, la société Holding MB demande à titre principal l'annulation de cette décision et à ce qu'il soit enjoint au défendeur la reprise des relations contractuelles.
5. Il résulte également de l'instruction que la convention d'occupation temporaire conclue le 15 janvier 1991 a fait l'objet de huit avenants de prorogation successifs et d'un transfert, à compter du 11 décembre 2013, au profit de la requérante. En dernier lieu, par un avenant n°10 conclu à la fin de l'année 2022, la convention a été prorogée jusqu'au 31 décembre 2023 et elle n'a pas été prorogée au-delà.
Sur l'intervention de Voies Navigables de France :
6. Est recevable à former une intervention, devant le juge du fond comme devant le juge de cassation, toute personne qui justifie d'un intérêt suffisant eu égard à la nature et à l'objet du litige. Compte-tenu des missions confiées à Voies Navigables de France par les dispositions des articles L. 4311-1 et suivants du code des transports, celui-ci a intérêt au maintien de la décision attaquée et au rejet de la demande de la société Holding MB. Par suite, son intervention est recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
7. Le juge du contrat, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, peut seulement, en principe, rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité ; toutefois, une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles. Un tel recours est privé d'objet si, en cours d'instance, le terme normal du contrat est atteint.
8. La mesure contestée par la société Holding MB conduit à une réduction de l'emprise sur laquelle la requérante dispose d'une autorisation d'occuper le domaine public du défendeur. Elle n'a toutefois ni pour objet ni pour effet de mettre fin définitivement aux relations contractuelles. Par suite, en application de la règle énoncée ci-dessus, les conclusions de la société Holding MB tendant à son annulation et à la reprise des relations contractuelles dans leur état antérieur ne sont pas recevables.
Sur les frais de procès :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par la société Holding MB au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Holding MB la somme demandée par le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de Voies Navigables de France est admise.
Article 2 : La requête de la société Holding MB est rejetée.
Article 3 : Les conclusions du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Holding MB, au grand port fluvio-maritime de l'axe Seine et à Voies Navigables de France.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
Robin Mulot
La présidente,
Anne Gaillard
Le greffier,
Henry Tostivint
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
N°2101643
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026