jeudi 23 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2103815 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 octobre 2021, M. A B, représenté par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 mai 2021 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a implicitement rejeté son recours contre la décision du président de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Rouen du 29 avril 2021 prononçant à son encontre une sanction de sept jours de cellule disciplinaire ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, cette condamnation valant renonciation par son conseil au versement de l'aide juridictionnelle, ou à défaut, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnait les dispositions de l'article R. 57-7-25 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'un vice de procédure tirée du refus non motivé de faire entendre un témoin ;
- elle méconnait les dispositions de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir les moyens de la requête de M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision 29 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de procédure pénale ;
- le code pénitentiaire ;
- la loi n°2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des personnes détenues majeure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Esnol,
- les conclusions de Mme Thielleux, rapporteure publique ;
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, alors détenu à la maison d'arrêt de Rouen, a fait l'objet d'une sanction de sept jours de cellule disciplinaire, prononcée par une décision de la commission de discipline de la maison d'arrêt de Rouen du 29 avril 2021, pour des faits de tapage commis le 27 avril 2021. M. B a formé un recours préalable obligatoire contre la décision de la commission de discipline devant la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes le 30 avril 2021 qui a confirmé la sanction le 18 mai 2021. Par la présente, M. B demande l'annulation de cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 57-7-25 du code de procédure pénale, applicable à la date de la décision attaquée : " Lors de sa comparution devant la commission de discipline, la personne détenue présente ses observations. Elle est, le cas échéant, assistée par un avocat. / Si la personne détenue est mineure, un membre du service du secteur public de la protection judiciaire de la jeunesse, avisé par le chef d'établissement, peut assister à la commission de discipline et présenter oralement ses observations sur la situation personnelle, sociale et familiale du mineur. /Si la personne détenue ne comprend pas la langue française, n'est pas en mesure de s'exprimer dans cette langue ou si elle est dans l'incapacité physique de communiquer, ses explications sont présentées, dans la mesure du possible, par l'intermédiaire d'un interprète désigné par le chef d'établissement. "
3. Le requérant soutient avoir sollicité l'assistance d'un interprète au cours de la commission disciplinaire du 29 avril 2021. Il est constant que cette demande n'a été formée qu'au cours de la commission de discipline, alors que M. B avait été convoqué à cette commission dès le 27 avril 2021. Il ressort également des termes de la décision du 29 avril 2021 que M. B a présenté des observations orales en langue française, qu'il était assisté d'un avocat devant la commission, et que ses propos ont été retranscrits dans la décision. Le requérant n'allègue pas que ses propos auraient été mal compris à cette occasion. Il a, au demeurant, pu faire valoir ses arguments lors de l'entretien préalable aux poursuites. Dans ces conditions, en ne décidant pas du report de la commission de discipline pour faire droit à une demande d'interprète qui n'a été formulée que durant la commission alors que M. B s'est exprimé dans un français suffisamment correct, l'administration n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article R. 57-7-25 du code de procédure pénale.
4. En deuxième lieu, d'une part, si le requérant se prévaut de la circulaire du 9 juin 2011 relative au régime disciplinaire des détenus, cette circulaire, qui n'est pas opposable, ne revêt aucun caractère règlementaire et impératif. D'autre part, aucun texte ni aucun principe, n'oblige la commission de discipline saisie pour statuer sur la sanction envisagée à accueillir la demande par le prévenu de l'audition d'un témoin lorsque les faits en cause ne sont pas sérieusement contestables. En l'espèce, M. B a reconnu devant la commission de discipline les faits de tapage qui lui sont reprochés. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'audition d'un témoin, qui au demeurant n'a pas été identifié, ainsi que de la méconnaissance de la présomption d'innocence ne peut qu'être écarté. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article R. 57-7-16 du code de procédure pénale, applicables à la date de la décision attaquée :" I. - () La personne détenue est informée de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline ainsi que du délai dont elle dispose pour préparer sa défense. Ce délai ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. (). ".
6. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été informé de la date et de l'heure de sa comparution devant la commission de discipline le 27 avril 2021. Le même jour, à 15h50, les pièces de son dossier lui ont été remises. La commission de discipline ayant eu lieu le 29 avril 2021, M. B a ainsi disposé d'un délai supérieur à 24 heures pour préparer sa défense. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 57-7-16 précité doit être écarté comme manquant en fait.
7. En quatrième lieu, si M. B soutient que les faits qui le sont reprochés ne sont pas établis et ne sont pas de nature à caractériser une faute, il ressort des pièces du dossier, d'une part que le compte rendu d'incident du 27 avril 2021 fait état de ce que M. B a tapé à de nombreuses reprises sur la porte de sa cellule, qu'il a empêché un surveillant de fermer la porte et l'a repoussé violemment contre le mur, et d'autre part, que lors de son audition de la commission de discipline le 29 avril 2021, M. B a reconnu avoir frappé dans la porte de la cellule et demandé pardon au surveillant, bien que contestant les faits de violence à son encontre. Dans ces conditions, les faits reprochés à M. B sont suffisamment établis et constituent une faute de nature à justifier une sanction disciplinaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'" erreur manifeste d'appréciation " doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par M. B tendant à l'annulation de la décision du 18 mai 2021 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a prononcé une sanction de sept jours de cellule disciplinaire doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ait-Taleb et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bailly, présidente,
M. Le Duff, premier conseiller et Mme Esnol, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 novembre 2023.
La rapporteure,
B. Esnol
La présidente,
P. Bailly La greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2103815ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026