jeudi 11 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200553 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP MORIVAL AMISSE MABIRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés le 15 juin 2022 et le 15 mars 2024, M. B C, représenté par Me Morival, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision du 19 octobre 2021 par laquelle la sous-préfète du Havre, par délégation du préfet de la Seine-Maritime, lui a ordonné de se dessaisir de toutes les armes en sa possession dans un délai de trois mois, lui a interdit d'acquérir et de détenir des armes de toute catégorie et l'a inscrit au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes, ensemble la décision expresse du 3 décembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de condamner l'Etat aux dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. C soutient que :
- sa requête est recevable ;
- l'acte a été adopté par une autorité dont la compétence n'est pas justifiée ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'inexactitude matérielle des faits et d'erreur de droit dès lors, notamment, qu'à la date de son adoption, il n'était pas encore visé par une procédure judiciaire ;
- il méconnaît le principe de la présomption d'innocence protégé, notamment, par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, l'article 9 de la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen et par l'article préliminaire du code de procédure pénale.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mars 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Un mémoire, présenté par le préfet de la Seine-Maritime le 26 mars 2024, postérieurement à la clôture automatique de l'instruction, trois jours francs avant l'audience, en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouvet, premier conseiller ;
- les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déclaré, le 20 décembre 2020 et le 18 janvier 2021, l'acquisition de deux carabines de catégorie C. La consultation du fichier de traitement des antécédents judiciaires (TAJ) effectuée par les services de la préfecture de la Seine-Maritime, a permis de constater que M. C avait été mis en cause dans deux procédures judiciaires visant des faits de viol sur mineur de quinze ans et d'agression sexuelle. Par une décision en date du 19 octobre 2021, la sous-préfète du Havre a ordonné à l'intéressé de se dessaisir de ses armes sous trois mois, lui a interdit d'en acquérir de nouvelles, et l'a inscrit au fichier national des interdits d'acquisition et de détention d'armes (FNIADA). M. C a exercé un recours gracieux contre cet arrêté, qui a fait l'objet d'un rejet exprès le 3 décembre 2021s, notifié le 14 décembre 2021. Par la présente instance, M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n°21/075 du 3 septembre 2021, le préfet de la Seine-Maritime a donné délégation à Mme A, sous-préfète du Havre, aux fins de signer les décisions litigieuses. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque donc en fait.
3. En deuxième lieu, la décision en litige, prise, notamment, au visa de l'article L. 312-3-1 du code de la sécurité intérieure, indique que M. C, détenteur de cinq armes à feu, fait l'objet de deux procédures judiciaires pour des faits de viol sur mineur et agression sexuelle, ce comportement étant incompatible avec la détention de ses armes. L'acte attaqué comporte ainsi, de manière précise et développée, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions qu'il comporte. Il est, dès lors, suffisamment motivé.
4. En troisième lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier des courriers électroniques échangés, au mois de mars 2021, entre la préfecture de la Seine-Maritime et le tribunal judiciaire de Grenoble (Isère) que M. C était déjà visé par deux procédures judiciaires en cours pour agression sexuelle et viol, à la date d'adoption des décisions litigieuses des 19 octobre et 3 décembre 2021. Ainsi, l'erreur de droit invoquée par le requérant tenant à ce qu'il n'aurait été mis en cause que postérieurement à l'adoption des décisions contestées, n'est pas établie.
5. D'autre part, ainsi qu'il vient d'être dit, M. C était mis en cause, à la date d'adoption des décisions litigieuses, dans deux procédures judiciaires portant, pour la première, sur des faits d'agression sexuelle commis entre le 1er juillet 2000 et le 31 décembre 2003 à Méaudre en Vercors (Isère) et, pour la seconde, sur des faits de viol sur mineur commis entre le 1er janvier 2000 et le 31 décembre 2003 à Autrans (Isère) et Coye-la-Forêt (Oise). Ainsi, à la date des décisions contestées, et en fonction des éléments qui étaient alors portés à sa connaissance, l'autorité administrative pouvait valablement retenir que les faits en cause étaient de nature à faire regarder le comportement de M. C comme laissant craindre une utilisation dangereuse pour lui-même ou pour autrui des armes en sa possession et à justifier qu'il soit ordonné à l'intéressé, pour des raisons de sécurité des personnes, de se dessaisir de ses cinq armes de chasse et ce, alors même qu'il ne ressort pas des éléments précédemment évoqués que les faits qui lui sont reprochés auraient été perpétrés sous la menace d'une arme. La circonstance que le requérant a bénéficié d'une ordonnance de non-lieu sur ces faits, le 25 avril 2023, postérieurement à l'adoption de la décision en litige, est sans incidence sur sa légalité. Enfin, pour regrettable que soit la rédaction de la décision litigieuse, qui retient que l'intéressé " s'est fait connaître pour des faits de viol et d'agression sexuelle ", l'inexactitude matérielle des faits alléguée par M. C, n'est pas caractérisée.
6. En dernier lieu, le principe de la présomption d'innocence, qui découle de l'article 9 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du III de l'article préliminaire du code de procédure pénale, ne peut être utilement invoqué à l'encontre des décisions litigieuses qui constituent, non une sanction ayant le caractère d'une punition, mais des mesures de police administrative visant à la préservation de l'ordre public.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 19 octobre 2021, ni plus que de celle du 3 décembre 2021. Ses conclusions formées à cette fin doivent, dès lors, être rejetées, de même que, par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais liés au litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 28 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
M. Bouvet, premier conseiller,
M. Mulot, premier conseiller,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.
Le rapporteur,
signé
C. BOUVET
La présidente,
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
H. TOSTIVINT
La République mande et ordonne préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Signé
S. Combes
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026