mardi 9 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200811 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1 ère Chambre |
| Avocat requérant | JEGU LEROUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 février 2022 et un mémoire enregistré le 7 juin 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Jegu-Leroux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la présidente de la cour d'appel de Rouen et la procureure générale près ladite cour ont refusé de reconnaitre imputable au service l'accident de trajet du 12 mai 2020 ;
2°) d'enjoindre à la présidente de la cour d'appel de Rouen et à la procureure générale près ladite cour de reconnaître son accident comme imputable au service ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros, assortie des intérêts et capitalisation, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens.
Mme A soutient que la décision :
- a été prise par une autorité incompétente ;
- n'est pas suffisamment motivée ;
- est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'administration aurait dû procéder à la déclaration de cet accident de trajet ;
- est illégale dès lors que le délai de déclaration ne pouvait pas lui être opposé puisque, d'abord, elle a informé son administration de son accident dès le 2 juin 2020, ensuite ce n'est qu'à compter du 22 novembre 2021 qu'elle a pris connaissance de l'ampleur des conséquences de l'accident de trajet et, enfin, elle avait un motif légitime au sens de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code de l'organisation judiciaire ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jeanmougin, première conseillère,
- et les conclusions de Mme Barray, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjointe administrative exerçant ses fonctions à la cour d'appel de Rouen, demande au tribunal d'annuler la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la présidente de la cour d'appel de Rouen et la procureure générale près ladite cour ont refusé de reconnaitre imputable au service l'accident de trajet du 12 mai 2020 et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 312-65 du code de l'organisation judiciaire : " Par délégation du garde des sceaux, ministre de la justice, le premier président de la cour d'appel et le procureur général près cette cour assurent conjointement l'administration des services judiciaires dans le ressort de la cour d'appel. Ils sont assistés dans cette mission par le service administratif régional, placé sous leur autorité. "
3. Il résulte de ces dispositions que la présidente de la cour d'appel de Rouen et la procureure générale près ladite cour étaient compétentes pour prendre la décision en litige, relative à la gestion du personnel affecté à la cour d'appel de Rouen.
4. En deuxième lieu, la décision contestée mentionne les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle est fondée, ce qui permettait à Mme A d'en comprendre les motifs à sa seule lecture. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'un vice de procédure dès lors que l'administration aurait dû procéder à la déclaration de l'accident de trajet est dépourvu des précisions suffisantes pour permettre au juge d'en apprécier le bien-fondé et doit dès lors être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, créé par l'article 10 du décret n° 2019-122 du 21 février 2019 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique de l'État : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à son administration une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Un formulaire type est mis en ligne sur le site internet du ministère chargé de la fonction publique et communiqué par l'administration à l'agent à sa demande ; 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. " Aux termes de l'article 47-3 du même décret : " I.-La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 47-2 est adressée à l'administration dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. () III.-Dans tous les cas, lorsque l'accident de service, l'accident de trajet ou la maladie professionnelle entraîne une incapacité temporaire de travail, le fonctionnaire adresse à l'administration dont il relève, dans le délai de quarante-huit heures suivant son établissement, le certificat médical prévu au 2° de l'article 47-2. En cas d'envoi de l'avis d'interruption de travail au-delà de ce délai de quarante-huit heures, le montant de la rémunération afférente à la période écoulée entre la date d'établissement de l'avis d'interruption de travail et la date d'envoi de celui-ci à l'administration peut être réduit de moitié. La rémunération à prendre en compte pour cette réduction comprend le traitement indiciaire brut ainsi que les primes et indemnités perçues par l'agent, à l'exception de celles énumérées aux 1° à 10° de l'article 25. / IV.-Lorsque les délais prévus aux I et II ne sont pas respectés, la demande de l'agent est rejetée. / Les délais prévus aux I, II et III ne sont pas applicables lorsque le fonctionnaire entre dans le champ de l'article L. 169-1 du code de la sécurité sociale ou s'il justifie d'un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes. "
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A a été victime d'une agression le 12 mai 2020, sur le trajet entre son lieu de travail et son domicile. Sa demande du 22 novembre 2021 de reconnaissance de l'imputabilité au service de son accident et d'octroi d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service a été rejetée par la décision contestée du 22 décembre 2021 au motif que les délais prévus par les dispositions citées au point 6 n'avaient pas été respectés, la demande ayant été adressée à l'administration plus de quinze jours après l'accident et la première constatation médicale.
8. Il ressort de ces pièces que la première constatation médicale indiquant la nature et le siège des lésions dont a souffert Mme A a été établie le jour même de son agression, le 12 mai 2020. D'abord, si la requérante, qui admet ne pas avoir utilisé l'arrêt de travail prescrit par son médecin, soutient avoir informé son employeur dès le 2 juin 2020, il ne ressort pas des pièces produites qu'elle aurait, avant novembre 2021, adressé à celui-ci, qui n'était pas tenu de lui apporter une information particulière, une déclaration d'accident de trajet comportant les pièces exigées par l'article 47-2 du décret du 14 mars 1986. Son courriel du 2 juin 2020 ne faisait d'ailleurs état d'aucun lien avec le service et ne tendait ni à son placement en congé pour invalidité temporaire imputable au service ni à la reconnaissance d'un accident de trajet. Ensuite, la circonstance que les conséquences de l'accident n'auraient été connues dans toute leur ampleur qu'en novembre 2021 est en l'espèce sans incidence sur le point de départ du délai de quinze jours, même décalé en application de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période, dès lors que la constatation médicale du 12 mai 2020 portait tant sur ses troubles psychologiques que sur les douleurs aux genoux et à l'épaule gauche, celle-ci étant d'ailleurs seule concernée par l'indication d'opération chirurgicale en novembre 2021. Enfin, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la détresse psychologique dans laquelle l'a plongée l'agression constitue un cas de force majeure, d'impossibilité absolue ou de motifs légitimes au sens de l'article 47-3 du décret du 14 mars 1986 dès lors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a continué à travailler après l'agression malgré l'arrêt de travail qui lui avait été prescrit par son médecin et qu'un anti dépresseur lui avait été prescrit au-moins dès mars 2020 soit antérieurement à l'accident en cause. La présidente de la cour d'appel de Rouen et la procureure générale près ladite cour étaient donc fondées à rejeter comme tardives les demandes de Mme A.
9. Il en résulte que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 22 décembre 2021 par laquelle la présidente de la cour d'appel de Rouen et la procureure générale près ladite cour ont refusé de reconnaitre imputable au service l'accident de trajet du 12 mai 2020 et de la placer en congé pour invalidité temporaire imputable au service. Par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction, d'intérêt et de capitalisation et au titre des frais d'instance doivent être rejetées ainsi que, en tout état de cause, celles présentées au titre des dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie en sera délivrée, pour information, à la présidente de la cour d'appel de Rouen et à la procureure générale près ladite cour.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
Mme Jeanmougin, première conseillère,
M. Le Vaillant, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
H. JEANMOUGIN
La présidente,
signé
A. GAILLARD
Le greffier,
signé
N. BOULAY
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N. BOULAY
N°2200811
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026