vendredi 24 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2200992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4 ème Chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 mars 2022, Mme B A, représentée par Me Bidault, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 24 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté sa demande de regroupement familial au profit de sa fille ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime de lui accorder le bénéfice du regroupement familial au profit de sa fille ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande dans le délai d'un mois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ladite condamnation valant renonciation au versement de l'aide juridictionnelle.
Mme A soutient que la décision attaquée est :
- insuffisamment motivée en droit ;
- entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable ;
- il y a lieu de procéder à une substitution de base légale ;
- aucun des moyens invoqués n'est fondé.
Mme A a été admise bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Armand,
- les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane née le 20 septembre 1982, a présenté une demande de regroupement familial au profit de sa fille, C A, née le 22 février 2014. Elle demande au tribunal d'annuler la décision du 24 novembre 2021 par laquelle le préfet de la Seine-Maritime a rejeté cette demande.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Le préfet de la Seine-Maritime fait valoir que la décision attaquée, qui a déclaré la demande de Mme A irrecevable ne lui fait pas grief, dès lors que sa fille étant déjà présente en France, il n'est plus nécessaire de solliciter à son profit une autorisation de regroupement familial puisque celle-ci est mineure et n'a donc pas à justifier de la régularité de son séjour, et qu'étant arrivée en France avant l'âge de treize ans, elle pourra d'ailleurs solliciter un titre de séjour à sa majorité sur le fondement de l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Toutefois, compte-tenu des droits attachés au bénéfice du regroupement familial, ces circonstances ne sont pas de nature à retirer à la requérante un intérêt à agir contre la décision de refus qui lui a été opposée. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et notamment de ses articles L. 434-6 et R. 434-6, dans leur rédaction en vigueur à la date de la décision attaquée, que, lorsqu'il se prononce sur une demande de regroupement familial, le préfet est en droit de rejeter la demande dans le cas où l'intéressé ne justifierait pas remplir l'une ou l'autre des conditions légalement requises, notamment en cas de présence anticipée sur le territoire français du membre de la famille bénéficiaire de la demande. Il dispose toutefois d'un pouvoir d'appréciation et n'est pas tenu par les dispositions précitées, notamment dans le cas où il est porté une atteinte excessive au droit du demandeur de mener une vie familiale normale tel qu'il est protégé par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou lorsqu'il est porté atteinte à l'intérêt supérieur d'un enfant tel que protégé par les stipulations du 1 de l'article 3 de la convention relative aux droits de l'enfant.
4. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de la décision contestée, que le préfet de la Seine-Maritime a déclaré la demande de regroupement familial présentée par Mme A au profit de sa fille mineure, irrecevable, en raison de sa présence irrégulière en France, sans l'instruire et donc notamment sans examiner la possibilité d'accorder à titre exceptionnel le bénéfice du regroupement familial sur place au regard des circonstances de fait. En se considérant ainsi en situation de compétence liée pour rejeter cette demande, le préfet a méconnu l'étendue de sa compétence et commis une erreur de droit. Il y a lieu, en conséquence, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, de prononcer l'annulation de la décision en litige.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Le présent jugement n'implique pas nécessairement qu'il soit fait droit à la demande de regroupement familial présentée par Mme A. En revanche, il y a lieu de prescrire au préfet territorialement compétent de réexaminer cette demande de regroupement familial dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
6. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bidault, avocate de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bidault d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du préfet de la Seine-Maritime du 24 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet territorialement compétent de procéder au réexamen de la demande de regroupement familial de Mme A dans le délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : Sous réserve que Me Bidault renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Bidault, avocate de Mme A, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Bidault et au préfet de la Seine-Maritime.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Van Muylder, présidente,
- M. Armand, premier conseiller,
- M. Cotraud, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 novembre 2023.
Le rapporteur,
Signé :
G. ARMAND
La présidente,
Signé :
C. VAN MUYLDERLe greffier,
Signé :
J.-B. MIALON
La République mande et ordonne au préfet de la Seine- Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026