jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201326 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3 ème Chambre |
| Avocat requérant | AIT-TALEB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 1er avril 2022, Mme A B, représentée par Me Aït-Taleb, demande au tribunal :
1) d'annuler pour excès de pouvoir la décision du 10 février 2022 du directeur du centre hospitalier du Rouvray portant suspension de ses fonctions pour quatre mois ;
2) d'enjoindre " à qui de droit " de lui restituer son agrément sans délai, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge du centre hospitalier du Rouvray la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision a été signée par un auteur ne justifiant pas de sa compétence ;
- elle est intervenue sans procédure contradictoire ni saisine pour avis de la commission consultative paritaire départementale ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- la décision repose sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2022, le centre hospitalier du Rouvray conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de procédure pénale, notamment son article 40 ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°91-155 du 6 février 1991 ;
- le code de justice administrative, notamment son article R. 222-19.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Mulot, premier conseiller ;
- et les conclusions de Mme Cazcarra, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que Mme A B exerçait les fonctions d'assistante familiale au profit du département de la Seine-Maritime et du centre hospitalier du Rouvray. Un dysfonctionnement rapporté par un personnel de santé a conduit à ce que le département forme un signalement auprès de la cellule de recueil des informations préoccupantes . Le centre hospitalier du Rouvray a retiré les deux enfants placés chez Mme B et, par un courrier du 10 février 2022, l'a informée de ce qu'elle la suspendait à titre conservatoire pour une durée de quatre mois. Par la présente requête, Mme B demande à titre principal l'annulation de cette décision.
2. Contrairement à ce que soutient Mme B, cette décision n'avait ni pour objet ni pour effet de suspendre l'agrément dont elle était titulaire, délivrée par le président du conseil départemental, mais de prononcer la suspension de ses fonctions d'agente publique.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 39-1 décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, seul applicable à la date de la décision attaquée, " En cas de faute grave commise par un agent contractuel, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité définie à l'article 40 du présent décret () ".
4. La mesure de suspension susceptible d'être prise à l'égard d'un agent public, sur le fondement de ces dispositions, revêt le caractère non d'une sanction disciplinaire, mais d'une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Une telle mesure peut être prononcée lorsque les faits imputés à l'agent présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que la poursuite des activités de l'intéressé au sein du service présente des inconvénients suffisamment sérieux pour le service ou pour le déroulement des procédures en cours.
5. Le courrier du 10 février 2022 se borne à faire état de ce que le retrait de deux enfants confiés à Mme B et la décision de suspension se fondent sur le " suivi administratif " du dossier de la requérante. Le centre hospitalier du Rouvray se contente dans son mémoire en défense d'indiquer qu'il ne lui appartiendrait pas de faire état d'une procédure pénale engagée, et il ressort des pièces du dossier que si une enquête, dont le cadre juridique n'est pas précisé, était en cours le 14 avril 2022 et confiée au commissariat de Rouen, aucune autre précision ne ressort des pièces versées aux débats. Dans un courriel du 14 avril 2022, le centre hospitalier du Rouvray indique lui-même ne disposer que de " très peu d'éléments concernant les faits reprochés " mais aussi ne pas avoir été rendu destinataire du signalement.
6. Compte-tenu de l'ensemble des pièces du dossier, Mme B est fondée à soutenir qu'en estimant que les faits qui lui étaient reprochés, dont la teneur n'est même pas précisée, présentaient un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité, le directeur du centre hospitalier du Rouvray a méconnu les dispositions citées au point 3 du présent jugement.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les conclusions accessoires :
8. Le présent jugement, qui se borne à annuler la décision de suspension des fonctions de Mme B et ne statue pas sur son agrément, n'implique pas nécessairement, au sens de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, que cet agrément soit restitué à Mme B. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier du Rouvray une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er: La décision du 10 février 2022 du directeur du centre hospitalier du Rouvray est annulée.
Article 2 : Le centre hospitalier du Rouvray versera à Mme B une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier du Rouvray.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gaillard, présidente,
MM. Bouvet et Mulot, premiers conseillers,
Assistés de M. Tostivint, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
Robin Mulot La présidente,
Anne Gaillard
Le greffier,
Henry Tostivint
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2201326
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026