jeudi 6 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Rouen |
| Section | Tribunal Administratif de Rouen |
| N° Dossier | TA76-2201668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2 ème Chambre |
| Avocat requérant | PARAISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2022, Mme D C, représentée par Me Paraiso, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 avril 2022 par lequel le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Eure de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dès la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge, pour son conseil, de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
La décision portant refus de séjour :
- a été prise en violation des articles L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant fixation du pays de destination :
- est illégale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er juillet 2022, le préfet de l'Eure conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 11 mai 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Rouen.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E,
- et les observations de Me Paraiso, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, ressortissante camerounaise née le 12 août 1990 à Douala, serait entrée sur le territoire français le 6 novembre 2016 selon ses déclarations. Le 14 janvier 2022, elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par l'arrêté attaqué du 11 avril 2022, le préfet de l'Eure a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination.
Sur la décision portant refus de séjour :
2. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. ".
3. En l'espèce, s'il est constant que Mme C réside en France depuis le mois de novembre 2016, elle n'établit toutefois pas, par les seules pièces qu'elle produit, la continuité de son séjour en France depuis cette date. A cet égard, les avis d'imposition sur les revenus au titre des années 2017 à 2019 qu'elle produit ne mentionnent aucun revenu et indiquent que Mme C est domiciliée chez Mme A alors que l'intéressée a déclaré être hébergée chez son frère durant cette période. De même, les cartes individuelles d'admission à l'aide médicale d'Etat de septembre 2016 à septembre 2022 qu'elle produit ainsi que le compte-rendu de passage aux urgences du 13 janvier 2017 et les bilans d'analyses biologiques des 29 janvier 2019, 17 juin 2019 et 4 juin 2020 ne sauraient, à eux seuls, suffire à établir la continuité du séjour de l'intéressée en France depuis le mois de novembre 2016. De plus, s'il est constant que Mme C a conclu le 31 juillet 2020 un pacte civil de solidarité avec un ressortissant français et soutient sans être sérieusement contestée entretenir une vie commune avec cette personne depuis cette date, ces circonstances demeuraient toutefois récentes à la date de la décision contestée. Par ailleurs, par les seules pièces qu'elle produit, la requérante n'établit pas entretenir des liens particulièrement intenses, anciens et stables avec les ressortissants français qu'elle présente comme étant son frère, sa tante, son oncle, ses cousines et ses amis. La requérante ne justifie en outre d'aucune insertion professionnelle en France. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que la requérante serait dépourvue de tout lien dans son pays d'origine, où réside notamment sa mère, où elle a vécu la majorité de son existence et où elle n'établit pas qu'elle ne pourrait se réinsérer socialement et professionnellement. Dans ces conditions, au regard de la durée et des conditions de son séjour en France et compte tenu du caractère récent à la date de la décision du pacte civil de solidarité mentionné ci-dessus, la décision attaquée n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme C une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis et n'a, dès lors, pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Eure lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité de la décision portant refus de séjour doit être écarté.
6. Pour les mêmes motifs que précédemment exposés, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation personnelle de la requérante doit être écarté.
7. Il suit de là que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Eure l'a obligée à quitter le territoire français.
Sur la décision portant fixation du pays de destination :
8. Compte tenu de ce qui précède, le moyen tiré de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français doit être écarté. Mme C n'est, par suite, pas fondée à demander l'annulation de la décision du 11 avril 2022 par laquelle le préfet de l'Eure a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement dont elle fait l'objet.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 11 avril 2022. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions présentées à fin d'injonction, de même que celles relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au préfet de l'Eure.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
- Mme Bailly, présidente,
- Mme E et Mme B, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2022.
La rapporteure,
D. ELa présidente,
P. BaillyLa greffière,
A. Hussein
La République mande et ordonne au préfet de l'Eure, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière ;
ah
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026